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Nouvelle journée de grève pour les salaires face au mépris de la direction chez le sous-traitant 3A

Après une première journée de grève nationale très suivie mardi 26 avril, la mobilisation pour les salaires a été reconduite ce vendredi chez le sous-traitant aéronautique 3A. Alors que les revendications des salariés ne sont pas entendues par la direction, ceux-ci ont décidé de continuer à mettre la pression en vue de la signature des NAO.

vendredi 29 avril

Crédit photo : Révolution Permanente Toulouse
Mardi 26 avril, une première journée de grève avait été très suivie sur les différents sites du sous-traitant aéronautique 3A (notamment à Toulouse avec le blocage de la flight line de l’A320, mais aussi à Carquefou, Méaulte, Martignas ou encore à Tarbes où la quasi-totalité de la vacation de jour a débrayé). Face à la pression des grévistes, la direction a décidé de revoir sa copie, en s’alignant sur les demandes de FO et de la CFE-CGC qui n’appelaient même pas à la grève. Mais la proposition de 3 % d’augmentation générale et 0,6 % de la masse salariale d’augmentation individuelle (4 % pour les cadres) – contre 2 % d’augmentation générale et 1% d’augmentation individuelle pour les non-cadres avant la grève- n’a pas du tout satisfait les grévistes.

« Une proposition inacceptable » pour Arnaud, délégué du syndicat CFDT qui revendique une augmentation générale minimale de 5 % « comme nécessité pour maintenir un minimum de pouvoir d’achat ». En conséquence, les salariés ont voulu continuer à mettre la pression et ont appelé ce vendredi 29 avril à une nouvelle journée de grève. « On ne se fait pas trop d’illusions sur le fait que les deux autres syndicats vont valider l’accord lundi et les salariés ont vu que la direction ne cédait rien de vraiment significatif, c’est pour ça qu’on a voulu recommencer la grève ce vendredi » explique le représentant CFDT. La reconduction de la mobilisation, malgré son aspect spontané, s’est avérée être une nouvelle fois une réussite et a touché les sites de Martignas, Tarbes et Toulouse dans des proportions similaires à la journée de mardi.

Suite à ce deuxième jour de grève, la direction a de nouveau revu sa proposition et met maintenant sur la table une augmentation générale de 3,2 % alors même que FO demandait seulement 3 % et la CFE CGC 2 %. Une nouvelle proposition toujours très insuffisante, notamment dans la contexte de la forte inflation prévue à 3,7 % en moyenne par la Banque de France pour 2022. Pour l’heure, les salariés de 3A sont toujours menacés de perdre en salaire réel.

Cependant grâce à la grève, la direction est forcée de proposer plus que ce que demandait les deux syndicats FO et CFE CGC. Une nouvelle fois preuve est faite du rôle néfaste de ces derniers dans l’entreprise. Prêts à accepter que les salariés perdent du salaire réel, ils s’étaient déjà illustrés en 2020 en laissant laissant la direction supprimer 567 postes pendant le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi).

Plus largement, d’autres luttes pour les salaires sont actuellement en cours dans la sous-traitance aéronautique. Ce mardi, c’étaient les salariés de Mecachrome qui étaient mobilisés avant de reconduire eux-aussi ce vendredi. Des délégations de grévistes de chacune des deux entreprises sont venues en soutien sur leur rassemblement respectifs. « On essaye de se coordonner entre sous-traitant de l’aéronautique, car on sait que c’est ça qui met la pression aux donneur d’ordre comme Airbus. Ensemble on est plus forts et il faut s’organiser pour frapper ensemble et dépasser l’isolement des luttes pour les salaires, qui restent désynchronisées entreprise par entreprise alors qu’on a quasiment les mêmes revendications » nous explique Arnaud. Dans ce sens, les grévistes de Mecachrome et 3A ont déjà prévu de venir ensemble à la manifestation du premier mai à Toulouse pour faire connaître leur lutte mais aussi pour montrer l’enjeu de se coordonner entre travailleurs de l’aéronautique.



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