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Mépris patronal

Nouvelle provocation : la direction de Tisseo écrit aux agents en les traitant de privilégiés

Alors que les travailleurs de Tisséo s'apprêtent à entamer leur troisième journée de grève, la direction a adressé une lettre aux salariés ce mardi. Une communication scandaleuse pour expliquer aux salariés qu’ils bénéficient de « généreuses conditions de travail » et pour arrêter « la course aux salaires ». L’inflation n’ayant pas prévu d’arrêter sa course, les Tisséo n’arrêteront pas de lutter !

Rafael Cherfy

10 mai 2023

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Nouvelle provocation : la direction de Tisseo écrit aux agents en les traitant de privilégiés

Crédits photos : Révolution Permanente

Depuis le 11 avril, les salariés de Tisséo ont entamé une lutte pour défendre la « clause de sauvegarde », une mesure qui permet d’indexer leurs salaires sur l’inflation. Dans un contexte d’explosion des prix la direction cherche à la supprimer pour ne plus avoir à augmenter les salaires au niveau de l’inflation. Dans ce cadre, 48 heures avant la troisième journée de grève prévue ce jeudi, le directeur s’est adressé aux salariés par le biais d’une lettre.

Ainsi, ces derniers ont pu découvrir ce mardi un texte de deux pages justifiant la casse des salaires que cherche à mener la direction. Si le directeur, Thierry Wischenewski, évite d’utiliser des formules trop provocantes après avoir qualifié les salariés de « honte du service public » lors de la première journée de mobilisation le 18 avril, il n’en reste pas moins que le contenu de sa lettre est une véritable insulte aux salariés mobilisés.

En effet, Thierry Wischenewski affirme que les 15 dernières années auraient été une période « profitable aux salariés », avec des augmentations de salaires supérieures à l’inflation mais aussi de « généreuses conditions de travail » et un « effectif longtemps jugé pléthorique ». Des déclarations d’autant plus méprisantes quand on sait que les travailleurs des transports toulousains ont fait partie de ces héros du Covid qui devaient aller au travail malgré la crise sanitaire. Et sur cette période, les quelques acquis que les Tisséo ont pu obtenir, ils ne les ont arrachés ou gardés que par la lutte contre la direction et la métropole.

Comble de l’hypocrisie, le directeur va jusqu’à dénoncer « la violence exprimée lors de ces dernières semaines » et le fait que « les expressions récentes de certains représentants du personnel (lui) semblent très excessives et profondément irrespectueuses ». Thierry Wischenewski va même jusqu’à affirmer que les représentants syndicaux « entachent par leurs mots l’image de l’entreprise et celle de ceux qui en porte les couleurs ».

Après avoir expliqué aux salariés à quel point ces derniers seraient des privilégiés, la direction dévoile clairement son intention : il s’agit « de gérer l’entreprise avec rigueur ». Sur cette base, la direction dénonce une application de la clause de sauvegarde qui « ne peut pas constituer au profit des salariés un avantage acquis dont ils pourraient se prévaloir pour contraindre l’employeur à en poursuivre l’application ». En revanche, le salaire mensuel de 15.000€ du directeur semble être un acquis dont il a bien l’intention de continuer à se prévaloir…

Dans cette même lettre, le directeur donne la parole aux élus pour alimenter son discours anti-social. Ainsi, Jean Michel Lattes, troisième adjoint au Maire de Toulouse et président de Tisséo Collectivités et Ingénierie affirme qu’on « ne peut pas continuer cette course infernale aux salaires ». Il poursuit en culpabilisant les grévistes sur le fait que « maintenir cette clause ne conduirait qu’à faire peser sur l’impôt local et faire payer aux contribuables les conséquences des hausses de salaires répétitives chez Tisséo ». En résumé, pour la direction de Tisséo c’est la crise et c’est aux salariés d’en payer les conséquences. Mais également aux usagers puisque les prix des tickets et des abonnements augmentent pour la deuxième année consécutive.

Ainsi, sur la base d’un argumentaire honteux, le directeur de Tisséo cherche à démobiliser les grévistes. Seulement, dans un contexte ou la colère était déjà forte à Tisséo, cette nouvelle provocation risque d’avoir l’effet inverse. Dans ce sens, un conducteur de bus nous affime que « plutôt que de répondre à nos revendications, la direction vient nous expliquer qu’on a pas à se plaindre. A l’entendre on dirait que Tisséo est un paradis. Après c’est peut-être le cas pour lui avec ses 15.000 euros par mois c’est sûr que l’inflation ne doit pas beaucoup le préoccuper ».

Face à cette offensive de la direction qui persiste et signe dans son mépris des salariés, il faut répondre par une mobilisation massive. Contre un discours qui cherche à opposer les grévistes et les usagers, il faut construire la solidarité. D’autant plus face à l’augmentation des prix des titres de transports que mène la direction de Tisséo, le soutien des Toulousains aux grévistes est primordial pour lutter face à l’inflation et imposer la gratuité des transports.

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