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Après le Liban

Nouvelles révoltes populaires en Irak. Un manifestant tué à Bassora

Après le retour de la lutte au Liban, de nouveaux épisodes de révoltes populaires ont éclos ces 10 et 11 mai en Irak. A Bassora, dans le sud du pays, un manifestant a été tué par les membres d'un parti politique local.

Frédéric Apoyo

12 mai 2020

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Alors que, fin avril, le Liban était le théâtre de la première « révolte de la faim » du monde post-Covid, de nouvelles révoltes populaires ont éclatés ces dimanche 10 et lundi 11 mai, en Irak cette fois-ci. Une explosion de colère qui a touché plusieurs villes du pays : Bagdad, Kout, Najaf, Nassiriya Diwaniya, Samawa ou bien encore à Bassora.

Globalement, les raisons de la colère sont les mêmes que celles qui avait déclenché le mouvement d’octobre 2019, c’est à dire la volonté de dégager le régime, contre la corruption le chômage et pour des services publics de qualité. Dans des propos relayés par le Figaro, Hassan al-Mayahi, qui a manifesté à Diwaniya, explique que « malgré la menace du nouveau coronavirus, les petits arrangements des partis politiques qui continuent d’ignorer nos revendications nous obligent à retourner dans la rue pour faire pression sur eux ». Ainsi, l’épidémie de Coronavirus, loin d’avoir éteint la contestation, a au contraire, exacerbé les contradictions et attisé la colère.

A Bassora, un manifestant tué par des membres d’un parti politique local

En octobre dernier, les révoltes populaires s’étaient accompagnées d’une répression sanglante. En une semaine de mobilisation, le bilan se chiffrait déjà à hauteur de 5 000 blessés et une centaine de morts. Si la répression a été continue jusqu’à la fin du mouvement, le régime cherche depuis à changer de stratégie sur le terrain répressif. Ainsi, pour les épisodes de ce dimanche 10 mai, les forces de répression se sont cantonnées à des tirs de gazs lacrymogènes.

Toutefois, en Irak, une série de milices sévissent, notamment dans les partis politiques. A Bassora, les manifestants se sont approchés du siège d’un petit parti local. La réaction a été immédiate, et cinq membre de ce parti ont tiré sur la foule. Bilan : un mort.

Si le régime a rapidement arrêté les auteurs des tirs, ce n’est pas pour rendre justice aux manifestants. Le nouveau gouvernement en place entend surtout ne pas souffler sur les braises de la contestation, et a simplement tiré le bilan du fait que les morts et blessés en masse n’ont pas permis d’étouffer le mouvement en octobre dernier. Pas sûr que ce changement de cap de façade suffise toutefois à calmer la colère qui s’exprime aujourd’hui.


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