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Politique

Nostalgique de la monarchie

Obsèques de la reine d’Angleterre : Macron impose un hommage national sur les bâtiments publics

Dans une circulaire, Elisabeth Borne demande que les drapeaux soient mis en berne sur tous les bâtiments publics pour les obsèques de la reine d’Angleterre. Le gouvernement serait-il nostalgique de la monarchie ?

lundi 12 septembre

Crédits photo : JACK HILL / POOL / AFP

Décidément, Macron, la classe politique et les médias dominants n’en finissent pas de rendre hommage à Elisabeth II. Après avoir éteint la tour Eiffel, multiplié les déclarations rendant hommage à une reine « de cœur », « d’exception », ou encore à une souveraine « qui aimait la France qui le lui rendait bien », la mascarade continue. En effet, lundi prochain, pour les obsèques de la reine, les drapeaux de l’ensemble des bâtiments publics, à commencer par les mairies, devront être mis en berne.

Cet hommage national à la monarque anglaise fait suite à une circulaire publiée le 8 septembre. Adressée notamment aux élus, le gouvernement y explique avoir « décidé que les drapeaux devaient être mis en berne sur les bâtiments publics », non seulement après l’annonce du décès de « Sa Majesté » mais également « le jour de ses obsèques solennelles. »

Alors que les médias continuent leur hommage permanent à la royauté, c’est désormais un hommage national qui est imposé pour une reine qui a été une des figures de l’impérialisme et le symbole d’une institution anti-ouvrière et rétrograde.

Pire, alors que plusieurs maires ont affirmé qu’ils refuseraient de mettre les drapeaux des bâtiments publics de leurs communes en berne, ils s’exposent à des sanctions. BFM TV note ainsi qu’un élu refusant cet ordre peut « être convoqué par le ministre de l’Intérieur pour s’expliquer et même être suspendu de ses fonctions pendant un mois ».

Derrière ce nouvel hommage à la monarchie britannique, difficile de ne pas déceler chez le gouvernement et les classes dominantes une certaine nostalgie de la monarchie. Depuis le début de sa carrière politique, Macron n’a cessé d’y faire référence. En 2015, alors ministre de l’économie, il affirmait ainsi dans l’hebdomadaire Le 1 : « ce qu’il manque à la France ? Un roi. ». Après son élection, Macron n’a cessé d’organiser des réunions au Château de Versailles, pour recevoir Vladimir Poutine en mai 2017, pour se mettre en scène face aux parlementaires en 2018 ou encore pour recevoir les patrons du monde entier lors des sommets Choose France. Pas étonnant que celui qui se prenait pour Jupiter soit fasciné par la reine. Mais pour ceux qui s’opposent à son gouvernement et sa politique autoritaire et anti-ouvrière, l’exemple à retenir de l’Angleterre c’est celui des travailleurs qui se sont mis en grève massivement ces derniers mois pour lutter contre l’inflation et contre ces politiciens et aristocrates unis pour faire payer la classe ouvrière.



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