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Politique

Convergence

Occupation d’Italie 2 : militants écolo, Gilets Jaunes et comité Adama convergent pour le climat

L'occupation d'Italie 2 aura rapidement fait le tour des médias. Près de 1000 personnes ont convergé pour le climat au centre Italie 2, un des principaux centres commerciaux du cœur de Paris. L'action réunissant différents secteurs comme la jeunesse, gilets jaunes, comité Adama, gilets noirs, a marqué par son fort caractère de convergence, ainsi que des aspects nouveau de radicalité de franges de la jeunesse face aux forces de police.

lundi 7 octobre

Si l’action a été prévue depuis de longs mois par Extinction Rébellion, le caractère de l’initiative a été marqué par un caractère de convergence entre des secteurs du mouvement des Gilets jaunes des militants pour le climat ainsi que des militants des quartiers populaires représentés par le comité Adama, mais aussi quelques Gilets noirs. L’occupation intitulé "dernière occupation avant la fin du monde" à l’initiative du collectif Extinction Rébellion a rassemblé plusieurs centaines de personnes dans la journée de samedi, jusqu’à la levée de l’occupation sur les coups de 4 heures du matin sous haute surveillance policière.

A l’initiative des militants d’Extinction Rebellion, le mouvement écolo radical né en Grande Bretagne, se préparaient depuis des semaines à coup de briefing et de messages cryptés, moyennant une organisation millimétrée avec la mise en place de gilets oranges, militants chargés de l’organisation de l’occupation, du contact avec les clients, et les travailleurs.

La présence de personnalités comme Jérome Rodrigues, figure emblématique du mouvement des gilets jaunes, ou encore des intellectuels du mouvement social comme Frédéric Lordon ont été remarqués. Des gilets noirs qui avaient protesté au début de l’été contre la loi asile-immigration ont également participé à l’action. Les gilets jaunes sont venus revendiquer leur aspiration à un monde meilleur en chantant avec la foule leur célèbre slogan "On est là", revendiquant la lutte contre le réchauffement climatique comme faisant partie des priorités des gilets jaunes.

L’occupation a aussi été l’occasion d’organiser une Assemblée Générale pour discuter des perspectives à donner à la mobilisation et des différentes stratégies en présence. Une initiative progressiste même si limitée, à l’heure où la nécessité de poser la nécessité d’une réelle auto-organisation du mouvement écolo se fait ressentir de plus en plus nécessaire, alors que le plan de bataille de lutte pour le climat reste suspendu à des manifestations lointaines comme celle du 27 novembre. En ce sens, la participation de nouveaux secteurs aux réflexions sur la lutte pour le climat comme les Gilet Jaunes permet de creuser et d’approfondir la convergence. Une préoccupation largement partagée et encouragée par les militants écolo. Pour Sarah, cette occupation est "une action de convergence logique. Le système qui détruit la planète est aussi sexiste, raciste et producteur d’inégalités ».

Cette convergence s’inscrit dans la continuité du phénomène déjà observé à l’occasion de la manifestation du 21 septembre, appelée par les organisations traditionnelles du mouvement écologiste, à laquelle de nombreux Gilets Jaunes avaient participé, donnant à la journée un caractère beaucoup plus radical et contestataire que la précédente du mois d’avril. La présence de gilets jaunes illustre la manière dont des secteurs du monde du travail lient la question sociale avec la question climatique, avec une dénonciation de plus en plus claire contre les inégalités et le pillage de la planète et des travailleurs. En ce sens la lutte contre le réchauffement climatique est intrinsèquement liée à la question sociale qui sont les deux faces d’une même pièce, un néo-libéralisme qui détruit à la fois la planète mais aussi notre droit à prendre notre retraite en bonne santé. Face à un gouvernement qui défend les grands capitalistes qui polluent comme l’illustre la catastrophe de Lubrizol, ou encore la précarisation de nos retraites, c’est bien un "tous ensemble" contre Macron qu’il faut construire.




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