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Occupation de Randstad : les intérimaires du BTP doivent être régularisés !

Le matin du 13 octobre, une quarantaine d’intérimaires sans-papiers du BTP ont occupé le siège de Randstad à la Plaine-Saint-Denis pour exiger des bulletins de salaire à leur nom et les documents permettant leur régularisation.

mercredi 13 octobre

Le matin du 13 octobre, une quarantaine de travailleurs sans-papiers ont envahi le hall d’accueil de Randstad, entreprise transnationale néerlandaise spécialisée dans l’intérim, à la Plaine-Saint-Denis. Tous sont intérimaires dans le bâtiment, secteur aux conditions de travail difficiles et exposé à de nombreux risques. Ils travaillent pour Randstad depuis un, trois ou dix ans et présentent souvent les papiers de quelqu’un d’autre pour pouvoir travailler. Récemment, l’un d’eux a été renvoyé faute de titre de séjour après un an de travail. Pour tous les autres, Randstad ferme les yeux et édite des bulletins de salaire sous de faux noms et de faux numéros de Sécurité sociale. Ces pratiques privent les travailleurs de leur protection sociale ainsi que de bulletins de salaire très précieux pour obtenir leur régularisation auprès de la préfecture.

L’action avait pour objectif l’obtention des documents nécessaires à la régularisation des travailleurs. Après une bonne heure d’occupation du hall d’accueil de l’entreprise, une délégation de la CNT-SO (Confédération nationale des travailleurs-Solidarité ouvrière) a été reçue par le directeur des ressources humaines et une juriste de la société Randstad. La délégation a demandé des attestations de concordance des identités bancaires et civiles des intérimaires, ainsi que les formulaires CERFA justifiant du temps de présence des salariés nécessaires à leur régularisation. La responsable des agences d’intérim du groupe s’est engagée par écrit à accéder à ces demandes.

La lutte a donc payé. Les avancées obtenues par cette occupation doivent à présent être traduites en actions concrètes par la direction de l’entreprise qui s’est engagée à traiter tous les dossiers de demande d’intérimaires qui lui parviendraient au cours des deux prochaines semaines - dossier à suivre avec vigilance donc.

Randstad doit mettre fin à l’hypocrisie qui consiste à embaucher des travailleurs en intérim pour des tâches essentielles et difficiles sans leur permettre de bénéficier de garanties minimales quant à leur droit au séjour.

Les travailleurs présents à l’occupation ont montré que, même dans un secteur aussi précarisé que l’intérim, les luttes collectives paient pour obtenir des droits face aux grandes entreprises et à l’Etat.




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