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Politique

Racisme d'Etat

Violente répression policière des Gilets noirs qui occupaient le Panthéon pour leur régularisation

Hier, près d'un millier de travailleurs sans-papiers ont envahi le Panthéon pour demander un logement et la régularisation. La répression policière été particulièrement violente et 37 personnes ont été arrêtées. Un rassemblement est appelé aujourd'hui à 13h devant le commissariat du 5ème arrondissement.

samedi 13 juillet

Hier, à l’initiative des collectifs Droits devant !, Chapelle Debout et Gilets noirs, plus d’un millier de travailleurs sans-papiers ont envahi le Panthéon pour alerter sur leurs conditions d’existence et réclamer un rendez-vous avec Édouard Philippe pour obtenir leur régularisation. Le rassemblement a été violemment réprimé par la police (charges, gazages) et 37 personnes ont été interpelées.

Humiliation, exploitation, déportation : la devise de l’Etat français pour les migrants et les travailleurs sans-papiers

Les manifestants sont venus réclamer des papiers et un logement pour en finir avec les conditions de vie indécentes imposées par le racisme d’Etat à la française. A la merci du patronat, dans le nettoyage, le bâtiment, l’agriculture, qui leur impose des conditions d’exploitation qui n’ont rien à envier à l’esclavage (comme cela a récemment été découvert dans des vignes de Champagne), à la merci de la police qui vient harceler les franges les plus exploitées et les plus opprimées de notre classe dans les foyers, dans les campements, qui confisque les tentes et les sacs de couchage et réprime régulièrement ces lieux d’habitation de fortune. Les manifestants ont rappelé qu’il existe plus de 200.000 logements vides à Paris, ce que se gardent bien de dire Jean-Pierre Pernaut et Marine Le Pen, trop heureux de pouvoir opposer « leurs » SDF français qu’ils ne croiseront sûrement jamais et les migrants qui ont dû fuir la guerre, la misère, qui ont risqué la capture et l’esclavage en Libye, la noyade en Méditerranée et l’enfermement dans les Centres de Rétention Administratives (CRA) en France ou dans les camps de concentration italiens, grecs ou turcs. Pourtant jamais aucun politicien (qui promet à tour de bras d’éradiquer la misère en faisant travailler tout le monde pour des salaires toujours plus bas ou en expulsant les migrants, au choix selon l’option politique) n’a parlé d’exproprier tous ces logements vides comme mesure d’urgence pour que plus personne n’ait à dormir dans la rue ou sous les ponts. Jamais aucun d’eux n’a agi autrement qu’en envoyant leur police pouvoir exprimer ses relents racistes au grand jour en prenant un malin plaisir à matraquer et tabasser des hommes et des femmes qui risquent la déportation s’ils se rebellent.

Aux grands hommes, la patrie reconnaissante : la République matraque les invisibles qui font tourner la société au quotidien

Voltaire, Rousseau, Hugo, Schoelcher, Toussaint Louverture pour les livres d’école et les visites guidées, les flics pour la réalité. L’impérialisme français s’exprime à la fois dans les pays opprimés de la périphérie capitaliste qui sont systématiquement pillés, et dont les gouvernements sont faits et défaits par ses services secrets et sa diplomatie, mais aussi en métropole par la politique raciste et xénophobe menée par l’Etat et ses forces de répression. Cette politique est structurelle. La bourgeoisie française a des caractéristiques rentières qu’elle tire de l’exploitation de ses colonies et des pays néo-coloniaux qu’elle domine, mais elle divise aussi systématiquement les travailleurs entre français immigrés, légaux ou illégaux. Depuis la crise de 2008, la bourgeoisie française mène une offensive raciste impressionnante dans les banlieues, contre les migrants et qui a été reprise par tout l’arc politique des sociaux-libéraux chauvins à la droite toutes tendances confondues et qui va jusqu’à la bienveillance médiatique envers le RN au regard attendri des pouvoirs publics lillois ou lyonnais face à l’émergence de groupuscules fascistes qui prennent la rue pour agresser des travailleurs immigrés : dernier maillon d’une longue chaîne d’oppression et d’exploitation qui vient justifier socialement les violences et humiliations envers ceux et celles qui construisent les maisons, qui nettoient les rues, les bureaux, les restaurants, qui ramassent les poubelles, récoltent les fruits etc.

Le Premier ministre, que l’action avait pour but d’interpeller a réagi sur Twitter. Depuis la loi Asile et immigration, et encore plus avec la répression à Calais, les sorties de Nathalie Loiseau pendant la camapagne européenne, la fermeture des ports à l’Aquarius, plus personne n’ose penser sérieusement que LREM est un barrage à l’extrême droite. Aussi qu’entend Édouard Philippe par « État de droit » ? Droit des patrons à exploiter les travailleurs sans-papiers pour des salaires ridicules (sans capacité de porter plainte pour ces travailleurs, que la bourgeoisie rend illégaux), droit de la police à violenter impunément, droit pour la classe dominante à ne pas voir sa bonne conscience être dérangée, souillée par la misère qu’elle crée au quotidien. Cette bonne conscience ce sont ses morts qu’elle fait entrer au Panthéon : de l’abolition de l’esclavage, de la Commune de Paris à la lutte des femmes en passant par la Résistance, un autel à la gloire de l’histoire officielle bourgeoise.

Idem pour Le Pen qui revendique cette sacro-sainte « loi » qui permet de précariser, de réprimer et pour les plus exploités et opprimés d’être expulsés. Au final, peu de nuance entre l’exécutif et sa soi-disant « opposition ». Un unanimisme républicain pour la défense des grands hommes, ceux qui sont morts, pour mieux opprimer les vivants. Le RN est un outil puissant de la bourgeoisie pour diviser notre classe, sous le prétexte que ce sont les étrangers qui feraient baisser les salaires. Pourtant, aux dernières nouvelles c’est bien le patronat qui les baisse, et Le Pen qui promet de ne pas les augmenter. Car les travailleurs sans-papiers vivent d’une manière infiniment plus dure, ce que la bourgeoisie impose à tous les travailleurs et travailleuses : contrats précaires, harcèlement patronal, répression policière au quotidien dans les quartiers populaires, mais aussi dans les manifestations, sur les piquets de grève, violences de genre etc.

A toutes celles et ceux qui en ont marre de faire barrage à l’extrême-droite tous les cinq ans et que la lutte contre le racisme qui vient c’est la lutte contre le racisme existant.

Communiqué des Gilets noirs

Hier colonisés, aujourd’hui exploités, demain régularisés

Les sans-papiers sont nos frères et sœurs de classe ! La bataille pour leur régularisation, pour la liberté de circulation et d’installation des êtres humains doit être une tâche du mouvement ouvrier organisé. Il faut œuvrer à l’unité des rangs des travailleurs avec ou sans papiers, de la même nationalité ou non : les patrons et les politiciens n’en ont de toute façon pas grand chose à faire quand il s’agit de bosser pour eux. Dans les luttes des sans-papiers pour des conditions humaines d’existence, de travail dans les secteurs qui sont déjà les plus exploités de la classe ouvrière, comme à Chronopost, nous devons faire front face à la bourgeoisie impérialiste, raciste avec laquelle nous ne partageons rien !

Face à la répression subie hier, et pour faire libérer les 37 camarades interpelés, un appel a été envoyé à se rassembler à 13 heures devant le Commissariat du 5ème arrondissement

Crédits photo : Collectif la Chapelle debout




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