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Politique

En marge des municipales

Offensive islamophobe : Macron à Mulhouse pour rejouer la carte de « l’islamisme radical »

Emmanuel Macron lance une nouvelle offensive islamophobe, dans un contexte où les municipales approchent et où le gouvernement cherche à laisser derrière lui la séquence de la réforme des retraites.

mardi 18 février

 Crédits photo : Reuters / Arnd Wiegmann

Si les médias bourgeois se plaisent à analyser sous toutes les coutures les mots utilisés par le président et son entourage et scrutent impatiemment le moindre signe du plan annoncé depuis décembre, nul besoin d’être un expert pour lire entre les lignes.

Dans la lignée du discours prononcé lors des vœux présidentiels où il avait annoncé son intention de lutter contre « les forces qui minent l’unité nationale », il s’agit encore et toujours de créer un ennemi intérieur permettant d’appeler à une « union républicaine » afin de resserrer les rangs en période de crise. Une opération qui entre aussi dans une volonté de braconnée sur les thèmes de la droite et de l’extrême droite, dans le cadre de la polarisation LREM/RN de la présidentielle et des européennes.

Quand bien même le président se défend de vouloir stigmatiser les personnes de confession musulmane, les axes qu’il se fixe sont pourtant révélateurs : la lutte contre le "repli communautariste", le "séparatisme islamiste" et le "radicalisme". L’objectif est bel et bien de redorer la stature présidentielle, qui plus est en allant directement sur le terrain, après un mois de décembre plus que compliqué.

Derrière ces termes à connotation militaires, c’est bel et bien une seule religion qui est visée et les premières pistes du plan qu’il a prévu d’annoncer (au compte-gouttes) avec notamment tout un pan prévu pour après les municipales sont claires. Dans la droite lignée de son discours appelant à la délation face au danger de « l’hydre islamiste » se profilent de nouveau des mesures de flicage basées sur des critères discriminatoires, comme le préconise un document de travail dévoilé par Le Point avec la création de « cellules départementales de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire » sous l’autorité des préfets, accompagnées d’un durcissement des mesures répressives.

Cette offensive, qui s’inscrit clairement dans le cadre d’un racisme structurel étant le fruit de politiques libérales xénophobes, doit également être analysée dans le contexte actuel. Dans une situation ou s’exprime un rejet massif de la politique du gouvernement, à travers la colère exprimée dans le mouvement des gilets jaunes depuis presque deux ans et la forte contestation du projet de réforme des retraites, il s’agit en fait de recentrer les débats sur des sujets sur lesquels le gouvernement pense pouvoir capitaliser. Notamment en tentant de refermer les brèches ouvertes au sein de la majorité suite à la polémique sur le congé de deuil pour la perte d’un enfant par exemple en rejouant la carte de l’union républicaine.

Ce qui ne l’empêche pas d’ailleurs d’aller chasser sur les plates-bandes du Rassemblement National à l’approche des municipales afin de tenter tant bien que mal de limiter la casse.

Une manœuvre éculée qui ne prend pas vraiment, à l’image du lancement manqué de cette offensive ce matin à Mulhouse, où Macron a été sollicité sur des préoccupations bien éloignées de celles pour lesquelles il était venu : emploi, santé, enfance...

Face à cette nouvelle campagne réactionnaire, il est plus important que jamais de continuer à s’organiser pour s’opposer aux projets de ce gouvernement, notamment contre toutes les offensives racistes et islamophobes.




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