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Offensive islamophobe. Marine Le Pen loue les « intuitions » de Emmanuel Macron

Alors que Macron avec son projet contre le « séparatisme islamique » montre qu'il cherche à draguer l’électorat de droite, Marine Le Pen acquiesce et loue de « bonnes intuitions » Elle demande maintenant une concrétisation de ses annonces

mardi 6 octobre

Crédits photo-montage : JEAN-CLAUDE COUTAUSSE / « LE MONDE »

Le projet de loi contre le « séparatisme islamique » : recomposer la base sociale du macronisme en ralliant au gouvernement la droite

Ce vendredi Emmanuel Macron annonçait sa loi sur « les séparatismes » en définissant « les séparatismes » par le « séparatisme islamique radical ». Cette loi sera qui va être présentée au parlement en décembre est l’accomplissement de l’offensive sécuritaire qui cible les musulmans depuis plusieurs mois et institutionnalise davantage de discriminations au travail pour les musulmans, ou encore la répression de nombreuses associations.

Un « Patriotisme républicain », c’est ce que propose de renforcer Macron, à l’heure où il renforce son discours sécuritaire et les outils répressifs, en s’appuyant sur le ciblage des musulmans en France. Alors qu’il déclare ne pas vouloir se laisser « entraîner dans les pièges de l’amalgame tendu par les polémistes et extrêmes qui veulent stigmatiser tous les musulmans », c’est un discours qui pourtant flirte avec les franges les plus à droite de son électorat, dont les réactions se sont rapidement faites entendre.

En effet, c’est Marine Le Pen qui a, sur RTL, donné des bons points à Macron, en jugeant que celui-ci avait eu « quelques intuitions » et qu’il avait « nommé les choses », pointant ce qu’a exprimé explicitement Macron sur le sujet : « ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste. C’est le cœur du sujet ». Alors que Macron cherche à se démarquer et se délimiter du RN face à qui il se projette au second tour des présidentielles, mais aussi d’un Eric Zemmour dont les ignobles propos sur les mineurs étrangers avaient provoqué un scandale, on voit que l’offensive islamophobe qu’il mène depuis plusieurs semaines et qu’il concrétise dans un projet de loi cherche à dialoguer avec une base sociale de la droite dure qui lui demande davantage d’ « autorité ».

En effet, le gouvernement doit faire face à la contradiction fondamentale d’éviter à tout prix que la catastrophe économique ne se transforme en crise sociale et puisse ouvrir la voie à la radicalisation de nouvelles franges du monde du travail. Après le mouvement des Gilets Jaunes, celui contre la réforme des retraites, la gestion catastrophique de la crise sanitaire et la crise économique qui s’avance brutalement à grands pas, le gouvernement apparaît comme affaibli, et c’est dans ce contexte qu’il arme un discours après des semaines d’offensives médiatiques islamophobes pour dialoguer avec les secteurs des classes moyennes aisées qui lui demandent des comptes face à « l’insécurité ». En ce sens, en plus du projet de loi contre « le séparatisme islamique », il prépare la répression des mouvements à venir, en renforçant les rangs de la police, et en donnant davantage de gages aux secteurs les plus droitiers de la population, en profitant de la crise sanitaire pour imposer ces mesures, comme cela s’est montré avec un confinement autoritaire arbitré par la police.

Marine Le Pen a tout de même voulu se démarquer, en critiquant : « Il n’a pas non plus fait Verdun », « Bon au passage il dit ’islamisme radical’. Il n’y a pas d’islamisme modéré. On voit que les concepts sont quand même encore un peu difficiles ».

Dans le Rassemblement national, des voix vont encore plus à droite, comme Jean Messiha, dans une tribune sur Valeurs Actuelles intitulée « Plus d’arabe à l’école pour moins de séparatisme, fallait y penser ! » qui s’introduit avec cet immonde argumentaire : « L’apprentissage de la langue du “séparatisme” va être encouragée par cette République qui tente de se défendre contre ceux qui l’attaquent, une mesure qui contribuera à la colonisation ethnoculturelle de la France par le monde arabo-afro-musulman ».

De son côté, Marine Le Pen demande plus de concrétisation de ces mesures annoncées, mais y elle acquiesce. Face à ces offensives qui se multiplient et se concrétisent en projet de loi, il y a urgence à ce que les organisations de gauche et d’extrême gauche, syndicales et politiques, apportent une réponse contre le racisme d’État, l’islamophobie, et ce projet de loi dans lequel cela s’incarne, ainsi qu’aux idées d’extrême droite qu’il véhicule.




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