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Offensive islamophobe et sécuritaire : le Conseil d’Etat valide la dissolution du CCIF

Le Conseil d’Etat a validé ce vendredi 24 septembre la dissolution du CCIF. L’association de lutte contre l’islamophobie avait en effet saisi cette instance pour contester sa dissolution politique orchestrée par Darmanin en 2020. Par cette décision, le conseil d’Etat entérine l’offensive islamophobe et autoritaire menée par le gouvernement.

lundi 27 septembre

Fin 2020, un décret présenté au conseil des ministres par Darmanin dissolvait le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF). Cette dissolution, tout comme celle de Baraka City, intervenait après l’assassinat de Samuel Paty et son instrumentalisation par le gouvernement pour renforcer son offensive autoritaire et islamophobe. Une offensive visant à désigner des « ennemis de la République » accusés de complicités avec l’islamisme, à stigmatiser les musulmans ou assimilés comme tels et à attaquer les associations antiracistes dénonçant cette stigmatisation.

A ce titre, la dissolution du CCIF avait pour but de faire disparaître la notion d’islamophobie et de faire taire les musulmans ou assimilés comme tels victimes de discriminations, en accusant l’association d’ « attiser la haine, la violence ou la discrimination » par ses dénonciations de l’islamophobie, ou encore en la faisant passer pour une « officine islamiste » conspirant contre la république. Un argumentaire démonté point par point par le CCIF.

Ce vendredi 24 septembre, le Conseil d’État, auprès duquel les membres du CCIF avaient déposé un recours, a validé la dissolution prononcée par le conseil des ministres. Reprenant les arguments de Darmanin, il affirme dans sa décision que l’association « tient depuis plusieurs années des propos sans nuance visant à accréditer l’idée que les autorités publiques françaises mèneraient, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, un combat contre la religion musulmane et ses pratiquants et que, plus généralement, la France serait un pays hostile aux musulmans ». En cela, il confirme que l’offensive contre le CCIF tient dans sa dénonciation du caractère structurel des discriminations anti-musulmans et la responsabilité de l’Etat dans celles-ci, et dans le rejet de la notion d’islamophobie.

Le CCIF dénonce ainsi dans un communiqué que pour le conseil d’Etat, « le seul et principal grief à retenir contre le CCIF est sa définition de l’islamophobie (notamment institutionnelle) ». Et l’association dénonce « une décision ouvrant la voie vers le délit d’opinion ». La décision du Conseil d’Etat sonne en effet comme une menace pour toutes les associations anti racistes et de manière générale pour toute activité politique critique envers l’État et le gouvernement.
 
La validation de la dissolution du CCIF par le conseil d’État valide donc juridiquement l’offensive islamophobe et autoritaire du gouvernement. Elle démontre également le rôle de la justice et ses « garants » tels que le conseil d’État dans la reproduction des oppressions et l’exploitation. En ce sens, il est essentiel de s’organiser en toute indépendance et de ne rien attendre des institutions pour porter la voix des luttes antiracistes, féministes, LGBT, écologistes et anticapitalistes.




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