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Notre classe

Répression des précaires

Offensive répressive contre les livreurs à vélo : 5 travailleurs sans-papiers interpellés à Rouen

À Rouen, une vaste opération de contrôle a été lancée par la Police Aux Frontières à l'encontre des livreurs des plateformes numériques. Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés et placés en centre de rétention. Exigeons leur libération immédiate !

lundi 13 décembre 2021

Illustration : Capture d’écran du site Paris Normandie

Le 7 et le 9 décembre, le centre-ville de Rouen a été le théâtre d’une vaste opération policière visant les livreurs des plateformes numériques. Au total, ce sont 5 livreurs sans papiers qui ont été placés en centre de rétention administratif parmi les dizaines de livreurs contrôlés et verbalisés, rapportait la semaine dernière le média indépendant « Rouen dans la rue ».

Deux opérations de police de grande envergure, sous couvert de lutte contre des nuisances sonores et l’encombrement des trottoirs, ont eu lieu dans le centre-ville de Rouen les 7 et 9 décembre. Selon le quotidien Info Normandie, ce sont «  quinze policiers de la sécurité publique, trois fonctionnaires de la police aux frontières (PAF) et six policiers municipaux  » qui ont été mobilisés lors des deux opérations. Au final, c’est près de 80 livreurs contrôlés, avec plus de la moitié d’entre eux qui ont été verbalisés, notamment pour usage de téléphone portable, un comble pour des travailleurs qui dépendent exclusivement d’une application mobile. Mais surtout, ce sont 5 livreurs sans-papiers qui ont été interpellés et placés en Centre de Rétention Administrative par la Police Aux Frontières.

Il s’agissait donc bien d’une répression ciblée contre les travailleurs sans-papiers à l’aide de la PAF. Pour la police de Darmanin, l’objectif est clair : traquer jusque sur leurs lieux de travail, des travailleurs précaires, alors en première ligne face à la crise du Covid-19. C’est dans la droite ligne de la politique du gouvernement qui annonçait le 11 novembre dernier «  une mesure de fermeté  » et de durcissement des contrôles des travailleurs sans-papiers, qui poursuit donc sa répression des migrants sur le territoire.

Et les raisons avancées par le procureur de Rouen ne dupent personne, l’État mène une traque sans répit aux sans-papiers, et utilise n’importe quel prétexte pour cela. Avec la répression de la police, on peut voir que la «  lutte contre le travail illégal  » du gouvernement, se concentre exclusivement sur les travailleurs sans droits face aux entreprises qui profitent de la situation précaire de ces travailleurs pour mieux les exploiter.

Pourtant, la crise sanitaire a montré que ce sont les travailleurs des métiers les plus dévalorisés qui sont les plus essentiels à la société. Les plateformes de livraison embauchent un grand nombre de travailleurs sans-papiers, profitant ainsi de leur précarité pour imposer des conditions de travail délétère, à l’image du service de livraisons Stuart, qui en octobre 2020, a déconnecté du jour au lendemain, des livreurs sans-papiers de sa plate-forme, les laissant sans emploi.

Face aux offensives de l’État et du patronat, il est plus que jamais urgent d’exiger la régularisation immédiate et sans condition de tous les sans-papiers. Nous exigeons aussi la fermeture immédiate des centres de rétention administrative (CRA), qui ne sont autre que des prisons déguisés pour personnes sans papiers, ainsi que l’arrêt de toutes les poursuites contres les 5 livreurs interpellés par la Police aux frontières à Rouen.




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