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Offensive russophobe : l’UE restreint l’accès à l’espace Schengen à la population russe

Un conseil informel des ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne ces mardi et mercredi aborde la question de la suppression des visas Schengen délivrés à la population russe. Dans la continuité des sanctions européennes contre la Russie, cette offensive xénophobe constitue un pas en avant important dans le délire anti-russe.

mercredi 31 août

ALESSANDRO RAMPAZZO / AFP

Ce mardi 30 août s’est tenu le premier jour d’un conseil informel réunissant les ministres européens des Affaires étrangères à Prague visant à débattre d’une potentielle restriction de l’accès au territoire européen pour la population russe. En effet, plusieurs pays, dont l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Finlande, le Danemark, la Norvège et la Pologne ont porté cette proposition explicitement xénophobe à l’encontre des Russes. Un nouveaux saut dans les sanction envers la Russie qui a été confirmé ce mercredi par la suppression par le conseil des ministres européen de l’accord datant de 2007 qui facilité l’obtention des visas Schengen pour les russes. Un accord trouvé par les 27 sous la pression des pays cité plus haut - en particuliers les pays baltes les plus proches de la Russie-, dont certains souhaite aller jusqu’à la fermeture complète des frontières à la population russe. Une décision déjà appliqué par les pays baltes et la Pologne, mais qui divise fortement l’union européenne, en particulier la France et l’Allemagne qui s’y oppose face aux risques d’escalades que cela pourrait entrainer.

Alors que les sanctions économiques prises par l’UE ont eu un impact sur l’ensemble de la population russe cette nouvelle offensive vient marquer un tournant xénophobe important contre elle. Dans une tribune parue dans Le Monde, Urmas Reinsalu, ministre des Affaires étrangères estonien, revient sur la décision du gouvernement de son pays de fermer ses frontières aux Russes en expliquant : “Cette décision revêt également une importance notable sur le plan de la sécurité étant donné la forte hausse du nombre de touristes russes se présentant à nos frontières. [...] nous devons nous assurer qu’aucun des ressortissants russes qui pénètrent dans l’espace Schengen ne menace notre sécurité.”. Une justification ignoble qui criminalise et stigmatise les touristes russes comme étant de potentielles menaces. Il termine en disant : “L’UE doit mener des actions crédibles et envoyer un message clair à la Russie : si vous souffrez des sanctions, alors mettez fin à la guerre en Ukraine.”. Dressé comme responsable du conflit en Ukraine, il est nécessaire d’affirmer qu’au contraire la population russe subit tout autant une guerre qu’ils n’ont pas décidé - que ce soit ses conséquences direct comme celles de sanctions internationales- et dont tout signe d’opposition est sévèrement réprimé par le régime de Poutine.

Sous couvert de “sécurité”, l’UE tente en réalité de renforcer un sentiment nationaliste et fait de la population russe une paria pour le reste du monde. Rien ne peut justifier les sanctions qui visent la population russe, elle-même victime de cette guerre réactionnaire dans laquelle ils n’ont aucun intérêt. Seule l’alliance de la classe ouvrière et de la population russe avec les travailleurs d’Ukraine, et une solidarité internationaliste contre la guerre peut amener une issue progressive à ce conflit meurtrier. Celle-ci doit commencer par dénoncer fermement la russophobie montante voulu par les puissances occidentales, ainsi que de s’opposer à cet l’ensemble des sanctions touchant la population russe.



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