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Politique

A la manif de policiers...

Olivier Faure veut un « droit de regard » de la police sur la justice

Olivier Faure, présent à la manifestation des policiers hier, a proposé que la police ait un droit de regard sur les décisions de justice. Une déclaration qu’il a finalement retiré, mais qui en dit long sur l’état d’esprit du PS.

mercredi 19 mai

Crédits photos : THOMAS COEX // AFP

A-t-on franchi le Rubicon ? La présence d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, à la manifestation des policiers, interrogeait déjà, certains au sein même de son parti voyaient d’un mauvais œil l’idée de manifester aux côtés de Jean Messiha, Eric Zemmour ou encore Gérald Darmanin. Mais non content de sa présence qui était en elle même honteuse, Olivier Faure a expliqué à BFM TV qu’« il faut que la police puisse avoir, non pas le sentiment d’être dépossédée des peines qui sont ensuite administrées, mais qu’elle puisse suivre, avoir un avis sur la question, jusqu’aux aménagements de peine  ».

Face à la réaction de nombreux socialistes et insoumis, notre jongleur en rose s’est vite ravisé, expliquant que l’utilisation du terme « droit de regard » était évidemment une « expression malheureuse ». Ce rétropédalage en dit long sur l’état actuel du PS, et d’une partie de la gauche libérale, EELV incluse. Car contrairement à ce que dit Olivier Faure, il n’y a pas, en politique, « d’expression malheureuse ». Quand un politique parle de « droit de regard » de la police sur la justice, l’expression est on ne peut plus claire, surtout quand comme Olivier Faure, on possède un master en science politique, et qu’on est député depuis huit ans.

En réalité, malgré les critique internes dans le PS, dont certaines tête de file ont dénoncé les propos du premier secrétaire, cette déclaration s’inscrit dans la continuité de la politique du PS. On se rappelle François Hollande au pouvoir qui proposait la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux, ou encore l’Etat d’urgence entériné et appliqué dans la lutte contre la loi travail. Par ailleurs, lors du vote sur la loi sur les séparatisme, le PS s’était hypocritement abstenu, soutenant de fait le passage de la loi. Dans cette continuité, la déclaration de Faure montre donc à quel point le PS suit petit à petit le discours ultra réactionnaire du gouvernement, dont le ministre de l’intérieur reprochait il y a quelques mois la « mollesse » de Marine Le Pen.

Olivier Faure, en plus de ne pas assumer le fond de sa pensée une fois qu’elle est dénoncée sur les réseaux sociaux, cherche surtout à droitiser le PS, afin de courtiser une partie de l’électorat de Macron pour qui les questions sécuritaires sont importantes. Une opération qui tend à normaliser un discours selon lequel la police, en France, est avant tout une institution victime de la violence de la société, et non créatrice de cette violence. Un discours qui va vers un Etat d’exception permanent, où la police a systématiquement raison et où ses pouvoirs sont de plus en plus élevés.




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