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"On arrive au point de rupture" : les urgences pédiatriques de Saint-Denis fermées faute de personnel

Lundi 3 janvier 2022, la direction de l’Hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, a annoncé la fermeture du service des urgences pédiatriques. Fatiguées par les sous-effectifs et par la vague pandémique, les infirmières se sont mises en arrêt. En cause : la casse de l’hôpital et le laisser aller du gouvernement face à la circulation du variant Omicron.

jeudi 6 janvier

Crédits photo : AFP

Lundi 3 janvier 2022, la direction de l’Hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, a annoncé la fermeture du service des urgences pédiatriques. La décision fait suite à une absence de personnel survenue dans un contexte de tension extrême sur les effectifs liées à la pandémie de covid-19, qui connaît actuellement une cinquième vague.

Épuisées par la pénurie de personnel dans leur hôpital, submergées par la virulence du variant Omicron et par la suractivité dans leur service, les infirmières des urgences pédiatriques de l’Hôpital Delafontaine à Saint-Denis ont donc dit stop. Aucune des quatre infirmières censées être en poste le lundi ne se sont présentées au centre hospitalier.

Depuis le début de la semaine, à l’entrée des urgences, on voit donc des panneaux inciter les familles à se rendre dans les services d’urgences pédiatriques des hôpitaux voisins. Cette situation de crise a pour conséquence directe l’impossibilité de soigner les enfants malades. "On se retrouve avec des enfants malades qui attendent en salle d’attente sans assurance d’être soignés", nous explique un infirmier syndicaliste chez Sud à l’Hôpital Delafontaine. Une situation désastreuse dans le département le plus jeune de France.

Cette situation est le résultat de plusieurs mois très difficiles dans le service hospitalier, qui a vu la cinquième vague s’ajouter aux épidémies hivernales de grippe, de gastro et de bronchiolite.. « On était déjà fragilisés avant le Covid, en sous-effectif, avec une équipe épuisée, des arrêts maladie à répétition et toujours pas plus de moyens. A un moment donné, avec l’amoncellement des difficultés et la multiplication des épidémies de toutes sortes, on arrive forcément au point de rupture ».

D’après les informations du Parisien, si la moyenne des passages aux urgences pédiatriques se situe aux alentours de 85 par jour tout au long de l’année, des pics à 190 ont été constatés durant le mois de décembre. Une situation impossible en cas de sous-effectif.

Le 7 décembre dernier déjà, une grève avait démarré dans le service pour réclamer une augmentation des effectifs infirmiers ainsi que l’arrivée de personnel para-médical.

« Cette grève, c’est une première aux urgences pédiatriques, assure Muriel Signor, déléguée syndicale Sud au centre hospitalier de Saint-Denis. La pression, la fatigue, l’épuisement psychique sont tellement importants qu’une collègue se retrouve en pleurs chaque jour. »

« On est en incapacité à absorber la suractivité de la période Covid dans les services hospitaliers. On a conçu un hôpital en flux tendu. On se retrouve à courir à droite à gauche constamment, avec une masse salariale qui se compresse à mesure que les années passent. Ça nous laisse forcément impuissants lorsqu’on se retrouve en période de pandémie et que l’activité augmente », précise l’infirmier.

Ce jeudi matin, les services pédiatriques restaient à effectif réduit, et devraient l’être jusqu’à vendredi, voire lundi.

Une situation aggravée par la gestion du gouvernement

Depuis la rentrée, le gouvernement a tout fait pour donner l’impression d’un retour à la normale, alimentant le mythe d’une vaccination toute-puissante face à l’épidémie et l’abandon des gestes barrières avec son pass sanitaire. Alors que l’incidence commençait à s’envoler au début de l’hiver, le gouvernement a choisi, comme à de multiples reprises depuis le début de l’épidémie, de laisser circuler massivement le virus, quitte à prendre le risque d’une saturation des hôpitaux.

De plus, dans sa politique de casse de l’hôpital public « le gouvernement n’a pas cru bon de renforcer les personnels d’hôpitaux malgré les multiples alertes depuis le début de la pandémie. Additionnée au nombre de départ considérable que l’on voit à Saint-Denis comme ailleurs, la situation est insoutenable », nous explique l’infirmier du service psychiatrique.

La situation est donc directement imputable à l’inanité de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, qui, dans l’espoir de faire contre-feu et masquer sa responsabilité, tente de faire reposer les difficultés actuelles sur les non vaccinés.

Face à cette situation explosive, dont les difficultés du service pédiatrique de l’Hopital Delafontaine sont une illustration ; face aux déclarations de Macron qui cherche à diviser la population en mettant en scène sa guerre contre les non-vaccinés, il est fondamental de dénoncer cette stigmatisation et de rappeler tout ce qu’elle cache.

Il est impératif de refuser les mesures autoritaires comme le pass vaccinal et défendre une stratégie sanitaire entre les mains des travailleurs et de la population, qui cherche à convaincre les non-vaccinés, arrachent des moyens d’urgences pour faire face à la pandémie, et impose des protocoles à la hauteur pour que nos vies ne passent pas après leurs profits.




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