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"On était en première ligne !" : les agents de la Ville de Paris manifestent pour défendre leurs droits

Ce jeudi, deux jours après l’occupation de la mairie de Paris et la répression qui s’en est suivie, les agents de la Ville de Paris étaient à nouveau dans la rue. Partis de la mairie du 13ème ils ont manifesté jusqu’à l’Hôtel de Ville pour défendre leurs acquis face aux conséquences de la réforme de la fonction publique votée en 2019.

jeudi 27 mai

Ce jeudi matin, devant la Mairie du 13ème, différents secteurs de la Ville de Paris étaient réunis pour manifester contre les effets de l’application de la loi de transformation de la fonction publique. Votée en 2019, elle implique notamment la suppression de régimes dérogatoires aux 35 heures existant dans certaines collectivités territoriales. A Paris, celle-ci va remettre en question une partie des acquis des agents de la ville, notamment en termes de temps de travail. Une attaque scandaleuse, notamment pour les secteurs ouvriers de la propreté - éboueur.se.s, égoutier.e.s, … - qui ont été célébrés comme des héros pendant le confinement pour être aujourd’hui attaqués, et plus largement pour l’ensemble des agents : jardinier.e.s, puéricultrices, agents administratifs, ATSEM...

Au son du slogan « Hidalgo pas une minute de plus ! » le cortège a cheminé depuis la Place d’Italie jusqu’à l’Hôtel de Vie en passant par la gare d’Austerlitz et la place de la Bastille. Dans les cortèges, les agents de la Ville donnent de la voix et dénoncent l’offensive contre leurs droits. « On a un travail difficile. Pendant le premier confinement on était là, on a été courageux malgré la crise, et pour nous remercier on nous supprime des jours de congés… » raconte Luidgi, éboueur. « Je suis là pour défendre les acquis qu’on a obtenus du fait de la pénibilité de notre travail. Notre temps de travail est lié à la difficulté et à la dangerosité de notre travail. On veut également défendre un service public dont tout le monde a besoin » note de son côté Carine, égoutière depuis 11 ans.

Une détermination renforcée par la réponse de la Mairie de Paris jusqu’ici : le mépris, le silence et la répression. Symbole du mépris, un enregistrement d’une réunion de la direction de la propreté de la Ville de Paris a fuité la semaine passée. On y entend notamment des cadres et dirigeants de la direction de la propreté assumer explicitement les conséquences de la réforme, traiter les ouvriers de la Ville de privilégiés mais aussi chercher à dissimuler les conséquences de l’application de la réforme… Symbole de la répression, la violence policière qui s’est déchaînée mardi suite à l’occupation de la Ville de Paris. Une violence qui a fait plusieurs blessés, dont un gréviste qui a subi une fracture du poignet, et qui est allée de pair avec une multitude d’amendes de 135€ et l’interpellation d’un éboueur placé en garde-à-vue. Des éléments dans toutes les têtes au cours de la manifestation. « Un de mes collègues a été pris à partie par un policier et s’est fait gazer et interpeller. Il a été en garde-à-vue pendant 48h. Le mouvement est réprimé, on ramasse les déchets, on a toujours fait ce qu’on avait à faire, aujourd’hui on dit stop ! » explique ainsi Gaëtan, éboueur.

Aux côtés des éboueurs et agents de la Ville pour l’occasion, les cheminots de l’Infrapôle Paris Nord qui ont fait le déplacement après l’annulation de leur rassemblement devant IDF Mobilités. « On est en grève depuis 4 mois, avec l’annulation de notre rassemblement c’était l’occasion de venir montrer notre solidarité avec les travailleurs de la Ville de Paris » explique ainsi Younes, gréviste de l’Infrapôle Paris Nord. « Les éboueurs et égoutiers luttent pour le respect et la dignité, ça fait écho au combat qu’on mène à Paris Nord avec les camarades de la maintenance des voies. » pointe de son côté Anasse Kazib.

Dans le cortège, des jardiniers, ATSEM, travailleurs du CCAS de la Ville, travailleurs sociaux ou administratifs sont également présents. Tous seront affectés par la réforme. Après une traversée de Paris sous le soleil printanier, la manifestation se termine devant les vitres de l’Hôtel de Ville. Pour se faire entendre de la Mairie, c’est le rapport de forces qu’il faudra continuer de construire par la grève, notamment pour les travailleurs stratégiques que sont les égoutiers et éboueurs, tout en maintenant l’unité de l’ensemble des agents contre l’attaque assumée par la Ville. Un rapport de forces qui pose également la question de l’élargissement du mouvement, notamment en direction des acteurs privés de la propreté qui limitent le pouvoir de nuisance des grévistes en se substituant aux travailleurs en grève. Leur réinternalisation pour un alignement vers le haut des conditions de travail de l’ensemble des ouvriers de la propreté à Paris est en ce sens un enjeu fondamental contre la division imposée consciemment par la Ville de Paris.

Après la répression de mardi, la CGT FTDNEEA a lancé une cagnotte de solidarité afin de financer les amendes reçues par les grévistes. Soutenez-les !




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