^

Politique

« On gagnera en étant unis » : les signataires de l’appel à la manifestation du 23 janvier réunis devant Bercy

Hier matin, une vingtaine de grévistes, militants syndicaux et représentants politiques étaient réunis devant Bercy pour une conférence de presse. L’objectif : présenter l’initiative contre les licenciements et les suppressions d’emplois qui aura lieu samedi 23 janvier à l’appel des salariés de TUI France, rejoints par de nombreux signataires.

lundi 18 janvier

Frappés en juin 2020 par la suppression de plus de 600 postes, soit deux tiers des effectifs, les salariés de TUI se sont mobilisés depuis contre un plan jugé indigne, et en ont profité pour appeler à la convergence, jusqu’à faire émerger cet appel à manifester samedi. « Dès le mois d’octobre on s’est dit que c’était bien de se battre, mais il fallait essayer d’élargir. On s’est aperçus qu’il se passait des choses dans les entreprises qui subissaient des plans sociaux et on a passé des coups de téléphone à Cargill, Auchan, Bridgestone, Grandpuits… » a ainsi commencé par raconter Lazare Razkallah, militant CGT TUI France, revenant sur la genèse de cette initiative en guise d’introduction à la conférence de presse. Revenant sur la situation de TUI, le secrétaire du CSE a rappelé que « Bercy a donné des millions d’euros à TUI France sans contrepartie. Et avec cet argent, on nous licencie. » « Il faut travailler tous ensemble pour lutter contre ces plans sociaux. On gagnera en étant unis, même si Bercy n’est pas de notre côté. On n’en veut pas de Bercy, on est là pour les faire plier. » a-t-il ensuite noté.

Pour l’occasion d’autres signataires étaient présents, à l’image de Adrien Cornet, délégué CGT Grandpuits. Alors que les raffineurs attaquaient le matin même leur quinzième jour de grève par une action, le gréviste est revenu sur l’importance des initiatives de convergence. « Actuellement il y a 700 plans sociaux en France, les travailleurs doivent prendre conscience qu’ils ont le rapport de forces parce qu’ils ont l’outil de travail entre les mains et le meilleur outil c’est la grève ! Ce matin il y avait des piquets à Avallon chez SKF, à Lattes chez Schneider Electric, et tous ces secteurs en lutte doivent s’unir. C’est pour ça qu’on a répondu à l’appel des TUI, et qu’il faut construire une coordination des boîtes en lutte ! »

D’autres secteurs ont pu s’exprimer, comme l’automobile où les suppressions d’emplois s’enchaînent ces dernières années. « A Renault, la direction a annoncé 15.000 suppressions d’emplois dans le monde et 4.600 en France. (…) Les travailleurs doivent faire la guerre aux suppressions d’emplois. On nous dit que c’est la crise, mais il y a de l’argent, les milliardaires et banques s’enrichissent, ce ne sont pas aux travailleurs de trinquer. Le 23 c’est une occasion de ne pas se battre seulement boîte par boîte » a ainsi expliqué un salarié du Technocentre de Guyancourt, syndicaliste SUD Industrie. La CGT Paris, Solidaires, la CGT Monoprix et SUD PTT 92, autres signataires ont également pris la parole. « Suppressions d’emplois, augmentation de la charge de travail, fermeture de bureaux de poste. Oui il faut interdire les licenciements, mais il faut également faire le lien avec les suppressions d’emplois cachées qui frappent le public comme à La Poste ou dans l’Education Nationale, et c’est un aspect inédit de cette mobilisation. » a ainsi noté Gaël Quirante, secrétaire de SUD Poste 92.

Mais le combat des TUI ne concerne pas que le mouvement ouvrier. Militant à l’UNEF, Victor Mendez est ainsi revenu sur l’extrême précarité qui frappe la jeunesse et la récente vague de suicide. « En finir avec les licenciements et les suppressions d’emplois est central, car c’est une des raisons pour laquelle la jeunesse voit ses conditions de vie se détériorer. Le gouvernement ne répond pas à la précarité des jeunes, sa seule solution est de multiplier les services civiques, des contrats précaires. » a-t-il expliqué. Après que Djaffar Razkallah, de la CGT TUI France, ait rappelé la situation de SKF France, des représentants politiques signataires ont également pris la parole. Fabien Gay (sénateur PCF), Clémentine Autain (député LFI) ou encore Antoine Pelletier pour le NPA ont ainsi exprimé leur soutien à l’initiative du 23 janvier.

Si de nombreux signataires étaient ainsi présents, une absence était criante, celle de la direction confédérale de la CGT. Interrogé par Révolution Permanente, Lazare Razkallah a expliqué : « On a fait une réunion Zoom avec Martinez, il nous a écouté, trouvé notre initiative bonne, mais on attend encore le soutien formel de la Confédération. » En ce sens, si samedi il faudra être nombreux pour manifester aux côtés des TUI France, cette initiative doit également permettre d’interpeller les directions syndicales qui refusent encore de construire un plan de bataille à la hauteur, et n’offrent pour le moment que des dates isolées comme perspective.

Contre les licenciements et suppressions d’emplois le rendez-vous est en tout cas pris pour samedi 14h devant l’Assemblée Nationale à Paris. Pour l’occasion un parcours ambitieux a été déposé par les organisateurs : « On part de l’Assemblée Nationale, on passera par le Ministère du Travail et on finira au MEDEF. L’idée c’est d’aller manifester près des lieux de pouvoir. »




Mots-clés

Suppression d’emplois   /    Licenciement(s)   /    Politique