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Notre classe

#Anasse3mars

« On lui retire le micro et on l’efface de la photo » Sandra Lucbert apporte son soutien à Anasse Kazib

Ce jeudi 3 mars, plusieurs centaines de personnes étaient présentes pour soutenir Anasse Kazib, convoqué par la police après un rassemblement à La Sorbonne contre les intimidations de l'extrême droite à son encontre. A cette occasion Sandra Lucbert a apporté son soutien au cheminot candidat à la présidentielle. Nous reproduisons ici son intervention.

vendredi 4 mars

On reconnaît une proposition politique révolutionnaire à ce qu’elle suscite d’efforts des forces de l’ordre pour la faire disparaître.

Ça pourrait être un jeu : #oùestanasse ?

#oùestanasse ?,
Pas à la Sorbonne – les fascistes y veillent.
#oùestanasse ?,
Pas dans la rue – ou : plus - la police gardienne.
#oùestanasse ?,
Pas dans les médias : ni sur les plateaux, ni dans les classements de parrainages, ni sur les trombinoscopes de candidats.

C’est comme ça qu’on fait, en démocratie néolibérale, quand il y a un candidat qui parle pour celles et ceux qui font tout : conduire les trains, soigner les gens, tenir les caisses, livrer des repas, emballer des colis dans des entrepôts, quand il y a un candidat marxiste, issu de l’immigration, qui vit dans le 93 – ce candidat, on lui retire le micro et on l’efface de la photo. Ceux qui font tout sont priés de laisser parler ceux qui profitent de tout : on apprécierait par ailleurs qu’ils votent pour le candidat que les marchés ont choisi.
Oùestanasse ? - là où les dominants voudraient garder l’idée du renversement : à l’ombre. On ne va pas non plus laisser les opprimés se faire des idées révolutionnaires. Une dizaine de minutes, le temps concédé au seul candidat révolutionnaire anticapitaliste par le système médiatique capitaliste. Il y a là comme une cohérence.

On reconnaît une hégémonie à ce qu’elle occupe l’espace disponible.
On reconnait une hégémonie à ce qu’elle ne sous-estime nullement le pouvoir d’un programme qui attaque tout ensemble les structures capitalistes, patriarcales, racistes, écocides – et le système présidentiel.
L’hégémonie n’a qu’un seul argument : faire croire qu’il n’y a pas d’alternative.
Le fait est qu’on n’argumente pas facilement en faveur de la dévastation des travailleurs et travailleuses, des racisé.e.s, des femmes, des LGBT et de la nature : on s’arrange pour qu’il ne soit jamais question de ce qui produit structurellement ces massacres, jamais question de ce qu’il faudrait pour y mettre fin.

Une révolution.
L’idée de révolution, pour exister, doit être rencontrée.
Une candidature présidentielle, ça peut servir à ça : seulement, une candidature, aujourd’hui, c’est par voie médiatique qu’elle se fait connaitre, et d’abord de ceux et celles à qui on demande de faire partie des 500 signatures. Or les idées portées par Anasse Kazib sont privées de médias.
L’idée de révolution, c’est dans un amphi qu’on l’assimile – et les idées portées par Anasse Kazib sont privées de Sorbonne.
L’idée de révolution, c’est dans la rue qu’on en est frappé, et les idées portées par Anasse Kazib sont convoquées au commissariat parce qu’il serait dangereux de les laisser traîner dans les rues.

C’est exactement pourquoi la police convoque Anasse Kazib aujourd’hui : cette histoire-là, celle d’un cheminot racisé devenu trotskyste, ne doit pas être racontée, parce qu’elle constitue non seulement une alternative, mais une identification possible. Identification des causes structurelles et identification à qui entend les abattre : une sortie du tourniquet hégémonique.
Médias, fascistes ou police, tout est bon pour conserver le contrôle de l’offre politique, qui doit rester aussi étroite que possible.
Car c’est quand on voit quoi faire, contre quoi, avec quels autres, qu’on peut commencer à combattre.



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