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Enfumage

« On n’a jamais promis 1200€ » : la macronie rétropédale après des mensonges sur la retraite minimum

Invité jeudi sur BFM TV, Franck Riester a avoué que la promesse de pensions minimales à 1200€ pour les retraités était une exagération de la mesure portée par la macronie. Un rétropédalage qui ne va pas arranger les affaires de la macronie, dont la réforme est toujours rejetée massivement.

Seb Nanzhel

10 février 2023

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Crédits photo : AFP

« Nous n’avons jamais dit que tous les retraités auraient 1200 euros. C’est faux, on n’a jamais dit ça » : sur BFMTV, Franck Riester a été obligé jeudi soir de rétropédaler sur l’un des éléments de langage centraux du gouvernement pour vendre sa réforme des retraites.

Invité dans l’émission 90 minutes pour défendre sa réforme des retraites et s’attaquer aux grévistes, le ministre délégué aux Relations avec le Parlement a été interpellé par le plateau sur la confusion entretenue par le gouvernement autour des 1200€ de pensions minimale pour les plus faibles pensions. « Ce qui a été perçu par l’ensemble de la population, vous ne pouvez pas dire le contraire, c’est une sorte de garantie à 1200 euros », lui a ainsi reproché Franck Bouaziz, journaliste économique à Libération. Se cachant derrière le fait que ce montant ne concerne que les carrières complètes à temps plein, autrement dit bien peu de monde chez les personnes ayant de faibles salaires, Franck Riester a crié aux « fake news », répandues selon lui par « les oppositions ».

« Les Français comprennent bien que s’ils ont été à un niveau inférieur au smic à temps plein, ils ne vont pas avoir une retraite supérieure à ce qu’ont été leurs cotisations », a-t-il affirmé, enjoignant les retraités qui galèrent avec des pensions de misère à accepter leur sort et à être « raisonnables et responsables ».

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement s’échine en effet à répandre l’idée que la réforme des retraites bénéficierait aux personnes touchant les pensions les plus basses. Pour ce faire, Macron a envoyé sa garde rapprochée diffuser ses éléments de langage sur les plateaux télé et dans les journaux, en insistant sur une pension minimale à 1200€ brut pour les carrières longues. On a ainsi vu Gabriel Attal, Bruno Le Maire, ou Stanislas Guerini marteler ce chiffre sur les différents plateaux.

Seulement, l’arnaque est devenue un peu trop visible. Mediapart avait déjà relevé à la mi-janvier le fait qu’une partie minime des faibles pensions toucheraient en realité la somme martelée par le gouvernement.

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Mardi 7 février, invité sur France Inter, l’économiste Michael Zemmour avait dénoncé au cours d’une intervention particulièrement relayée l’hypocrisie de l’argumentaire gouvernemental. « Tout le monde a compris qu’on aurait pour une carrière complète 1200 euros minimum, certains ont même compris que tout le monde aurait au moins 1200 euros. C’est totalement faux. [...] Mais par exemple, une personne qui aurait une carrière complète, dont une partie à temps partiel, n’atteindrait pas les 1.200 euros. Et parmi les gens qui réunissent vraiment ces critères, l’immense majorité est au-dessus : le problème des petites pensions, c’est que ce sont rarement des carrières complètes. »

Jeudi, le clou a été enfoncé avec la publication d’une note de l’Institut des politiques publiques affirmant «  [qu’] un très petit nombre de personnes  » atteindraient la fameuse somme.

Des éléments qui avaient déjà mis Olivier Dussopt en difficulté sur France Inter mercredi. Invité de l’emission Le téléphone sonne, le ministre du travail a été forcé de reconnaître qu’il « ne sait pas » combien de personnes sont concernées par ces 1200 euros. Une nouvelle déroute sur le terrain de l’enfumage pour la macronie, confirmée par les déclarations de Franck Riester jeudi.

Ainsi, des aveux même de la macronie, ces 1200€ brut pour les faibles pensions ne sont que de la poudre aux yeux pour mieux défendre sa réforme. Faire passer pour une « avancée sociale » une somme qui qui ne concernera en réalité qu’une infime partie des travailleurs et correspond à un montant à peine supérieur au seuil de pauvreté dans un contexte de forte inflation : seule la macronie pouvait oser.

Ce nouvel échec de com’ du gouvernement vient une fois de plus confirmer le contenu soi-disant « social » de la réforme des retraites n’est rien d’autre qu’un ramassis d’arnaques, n’ayant pour seul objet que de faire passer la pilule d’une réforme très largement rejetée. Contre ces tentatives d’arnaques à répétition, il est plus que jamais clair qu’il n’y a rien à attendre de soi-disant « concessions » gouvernementales sur cette réforme, et qu’il faut durcir le rapport de force pour arracher son retrait pur et simple.


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