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Impunité policière

« On veut les vidéos ! » : à Saint-Denis, une marche pour réclamer justice pour Yanis

200 personnes se sont mobilisées dimanche à Saint-Denis pour réclamer vérité et justice pour Yanis et contre l'impunité policière. En avril dernier, il tombait dans le coma après une course-poursuite avec la police avant de mourir à l’hôpital le 3 juin. Depuis, la famille réclame des vidéos de l'accident que la police refuse de donner.

lundi 8 novembre

Dimanche 7 novembre, plus de 200 personnes ont marché à Saint-Denis contre l’impunité policière et pour Yanis à l’appel du Comité Justice et vérité pour Yanis. De nombreux soutien avaient répondu présents à l’appel du comité, et notamment le réseau d’entraide Vérité et Justice, Justice pour Ibo, Vérité et justice pour Gaye, le collectif Vies Volées mais aussi des Gilets jaunes avec le collectif des Mutilé.e.s pour l’exemple ou le député de la France Insoumise Eric Coquerel.

Le 14 avril 2021, Yanis est pris en chasse par la police alors qu’il rentrait chez lui en moto après un match de foot. Un accident met un terme à la course-poursuite sur l’autoroute A1, à quelques centaines de mètres de son domicile. Yanis est dans un état critique, et, après avoir reçu un massage cardiaque par les agents de police, est amené à l’hôpital. Il sera plongé dans un coma qui durera 49 jours, avant de mourir le 3 juin dernier.

Depuis, la famille se bat pour obtenir des réponses aux questions que posent légitimement l’accident, et notamment la potentielle implication des agents de police dans l’accident de Yanis. Le chemin qu’a pris Yanis ce soir-là est truffé de caméras de vidéosurveillance dont la famille a réclamé le visionnage. Face au silence criminel de la police depuis avril, les manifestants ont donc entonné le slogan "on veut les vidéos !", alors que le cortège cheminait vers lieu de l’accident, près du Stade de France.

Juste avant de prendre la direction du Stade de France, la famille et plusieurs soutiens ont pris la parole pour dénoncer les violences policières et l’impunité de la police. Soulignant le mépris avec lequel sa famille est traité, la mère de Yanis à notamment expliqué "on m’a dit qu’on me recontacterai, mais depuis c’est le silence total. [...] Avec toutes ces questions sans réponses, je ne peux pas faire mon deuil."

Revenant sur les événements survenus le lendemain de la mort de son fils Yanis, le 4 juin, elle a expliqué : "ce jour de deuil s’est transformé en guerre". En effet, lorsque la famille et les amis de Yanis ont voulu lui rendre hommage le 4 juin dernier, ils ont été les victimes de violences policières ignobles, cibles des grenades de désencerclement et de gazage de la part de la police. "Toutes les familles et tous les jeunes venus lui rendre hommage ont été horrifiés par le comportement de la police ce jour là".

Parmi les soutiens, les membres des comités sont revenus sur l’unité de tous ces combats pour les victimes de violences policières. Landry, du comité Verité et justice pour Gaye Camara a notamment insisté : "Adama, Cédric Chouviat, Lamine Dieng, Olivio Gomes et les autres sont tous morts pour une raison : c’était des jeunes habitant les quartiers populaires. Aujourd’hui faut qu’on arrête de dire que ce sont des bavures, ce sont des meurtres [...] Sinon a peur de la police, c’est parce que à leurs yeux, on est présumés coupables".

Une mobilisation qui rappelle la nécessité de lutter contre l’impunité policière dans la rue, avec les les comités et les familles des victimes. Fort de cette mobilisation, nous devons continuer à soutenir le combat pour la justice et la vérité pour Yanis, mais aussi pour toutes les victimes de violences policières et du racisme d’Etat. Tant qu’il n’y aura pas de justice, il n’y aura pas de paix.




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