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Politique

Arrestations arbitraires

Opérations de police sans lien direct avec l’enquête : Darmanin veut "faire passer un message"

Ce matin, Darmanin au micro d'Europe 1 a encore une fois fait honneur à l’arbitraire policier. En procédant à « des opérations de police » qui n’ont pas forcément de lien avec l’enquête, le ministre de l’intérieur veut envoyer un « message » à tous ceux qu’il considère être des « ennemis de la République »

lundi 19 octobre

Crédit photo : Capture d’écran de l’interview de Darmanin sur Europe 1

Ce matin, au micro d’Europe 1, Darmanin interrogé sur les mesures mises en place à la suite du conseil de défense, a déclaré : « depuis ce matin […] des opérations de police ont lieu et auront lieu. […] elles concernent des dizaines d’individus pas en lien forcément avec l’enquête mais dont nous avons manifestement envie de passer un message […] : pas une minute de répit pour les ennemis de la République ».

Ainsi, c’est avec une certaine décomplexion que le ministre de l’Intérieur souhaite adresser un « message » à tous ceux qui sont considérés comme les « ennemis de la République ». En appuyant sur le fait que ces « ennemis » seront traqués quand bien même il n’y aurait pas de liens avec l’enquête, Darmanin veut lancer « le message » suivant : toute personne considérée comme ennemi de la « République » peut voir débouler à tout moment la police à son domicile.

« La peur va changer de camp », voilà le mot d’ordre donné par le Président de la République avant le Conseil de défense qui s’est tenu le 18 octobre au soir, réaffirmé par le ministre. Et c’est bien la peur que le gouvernement cherche à instiguer en visant ces fameux ennemis de la République qui peuvent être partout, mais aussi et spécifiquement, les associations de défense des musulmans dont certaines ont déjà reçu des menaces de dissolutions tels que BarakaCity ou le Collectif contre l’Islamophobie en France.

Et c’est aussi près de 231 personnes fichées pour « radicalisation » qui vont être expulsées : pourquoi ? Car ils sont étrangers. C’est en somme le retour de la déchéance de nationalité en pire à laquelle Darmanin ouvre la voie. « Jamais un gouvernement n’a mobilisé autant les moyens pour lutter justement contre cet islamiste rampant », a-t-il lancé. Une manière de préfigurer que la loi sur le « séparatisme » n’a été qu’un avant-gout pour une offensive généralisée sur un terrain raciste, islamophobe, et xénophobe. 




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