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Crise climatique

Ouragan Ida en Louisiane : les classes populaires pauvres et racisées en première ligne

Un puissant Ouragan a touché la Louisiane dimanche 29 août, tuant au moins une personne et causant d’importants dommages matériels. Comme lors de l’ouragan Katrina qui a touché la région il y a 16 ans, les populations pauvres et racisées sont les premières touchées par la catastrophe.

lundi 30 août

La Louisiane a été touchée dimanche 29 août par un ouragan extrêmement puissant, Ida. Sous une pluie violente et des vents atteignant plus de 240 km/h inversant partiellement le cours du fleuve Mississipi, des toits ont été arrachés, des maisons inondées et un million de foyers ont été entièrement privés d’électricité à travers la Louisiane. En plusieurs endroits, la mer est montée à un mètre et demi de plus que son niveau habituel. Les services d’urgence ont été interrompus et un homme est mort après la chute d’un arbre sur sa maison. L’ouragan a depuis baissé en intensité en continuant sa trajectoire dans les terres vers le Nord puis l’Est.

16 ans jour pour jour après le passage de l’Ouragan Katrina qui a avait tué 1800 personne et inondé 80% de la Nouvelle Orléans, cette catastrophe s’inscrit dans le cadre de la crise de Covid 19, alors que 2700 personnes sont hospitalisées en Louisiane dans des services hospitaliers saturés et que dans cette région souffrant d’une faible couverture vaccinale, les cas sont repartis à la hausse avec l’apparition du variant Delta. Des dommages importants ont été relevés sur plusieurs toits d’hôpitaux suite au passage de l’Ouragan.

Cette catastrophe souligne et renforce les inégalités présentes dans la région, notamment les inégalités raciales. Tous les hôpitaux de la ville de Bâton Rouge sont par exemple situés dans les quartiers majoritairement blancs, mettant particulièrement en danger la population racisée de la ville.

De même, les populations pauvres sont exposées de manière disproportionnée à la catastrophe. Alors que les plus aisés ont pu quitter les zones exposées et louer des chambres d’hôtels dans des emplacements sécurisés, les personnes les plus pauvres ont dû se calfeutrer chez elles faute de moyens. De plus, l’interruption des voies de communications (routes, électricité, réseau internet), pèse particulièrement sur ces personnes qui ne peuvent plus travailler et craignent, en plus de la catastrophe qui risque d’endommager leurs biens, de les perdre pour des raisons économiques.

Après la catastrophe de Katrina, ces dynamiques avaient été particulièrement visibles à La Nouvelle Orléans lorsque la politique de relogement des sinistrés avait privilégié les populations blanches et riches, alors que c’était les populations pauvres et racisées qui avaient été les plus touchées par la catastrophe. John R. Logan, professeur de sociologie à l’Université de Brown a par exemple constaté que si la population se limitait aux zones épargnées par l’ouragan, La Nouvelle Orléans perdrait 50% de sa population blanche mais 80% de sa population noire.

Christophe Cassou, l’un des auteurs du dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), affirmait dimanche qu’il ne fallait pas être « surpris » par l’ouragan Ida et sa violence. En effet le rapport auquel il a contribué souligne que « la proportion de cyclones tropicaux intenses (de catégorie 4 et 5) et les vitesses maximales des vents des cyclones tropicaux les plus intenses devraient augmenter à l’échelle mondiale avec le réchauffement climatique ».

Ainsi, la crise climatique causée par la production capitaliste renforce les inégalités structurantes de ce même capitalisme en exposant et en mettant toujours plus en danger les populations racisées et précaires. Face aux catastrophes climatiques et à leur gestion chaotique par les Etats, il est nécessaire de s’organiser en toute indépendance non seulement pour en gérer les conséquences, mais surtout autour d’un programme permettant de toucher les racines de la crise climatique en organisant rationnellement la production en fonction des besoins des personnes et des capacités de l’environnement.




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