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Du Pain et des Roses

Contre les réactionnaires de tout bord

Ouverture des débats sur la loi bioéthique à l’Assemblée : exigeons la PMA pour toutes dès maintenant !

Ce mardi débute à l’Assemblée nationale le débat autour de la PMA, dans le cadre du projet de loi bioéthique. Les réactionnaires organisent leur riposte homophobe. Exigeons la PMA pour toutes et tous, sans clause de conscience et avec des moyens financiers et humains à la hauteur des besoins !

mercredi 25 septembre

Ce mardi débute à l’Assemblée nationale le débat autour de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) dans le cadre du projet de loi bioéthique. La proposition est de la rendre accessible à toutes les femmes, qu’elles soient célibataires ou en couple lesbien.

Une promesse sans cesse repoussée

Cette promesse de campagne de Macron, après avoir été repoussée plusieurs fois depuis le début du quinquennat, est à nouveau à l’ordre du jour après le double avis favorable rendu par le comité consultatif national d’éthique (CCNE). Si la majorité se félicite aujourd’hui que cette promesse de campagne soit tenue, c’est parce que dans cette période où Macron drague ouvertement une base électorale à droite avec son discours sur l’immigration, la nécessité de renouer avec l’électorat de gauche se fait sentir.

C’est donc après deux ans de tergiversations, sous une pression sociale importante et porté par des calculs électoraux que Macron et son gouvernement ouvrent enfin le débat à l’Assemblée. Ce projet de loi, s’il est adopté, représente une avancée non-négligeable pour les droits reproductifs des femmes. Pour autant, rien n’est encore fait, et la classe politique, qui a toujours utilisé ce débat pour ses calculs électoraux en enchaînant les promesses non tenues, n’en a pas fini avec cette mesure : quand bien même le texte serait voté à l’Assemblée nationale, il lui faudrait encore passer par le Sénat et par une possible commission mixte paritaire, si désaccord il y a. De quoi repousser l’arrivée de la PMA à l’horizon 2021.

Les homophobes à l’offensive

En face, les réactionnaires s’organisent. En premier lieu la Manif pour Tous qui en 2013 avait déjà été à l’origine de la mobilisation contre le mariage pour tous et de la déferlante homophobe qui s’en était suivi. Ils appellent à manifester dans la rue le 6 octobre, autour du mot d’ordre "Liberté, égalité, paternité" et contre « la PMA sans père ». Plusieurs personnalités politiques appellent à rejoindre la manifestation, dont Marion Maréchal-Le Pen ou encore François-Xavier Bellamy, député européen des Républicains. Ce dernier, qui s’était déjà fait remarquer lors des européennes par son profil anti-IVG, a déclaré dimanche que l’ouverture de la PMA à toutes les femmes allait être une « malédiction » et qu’il s’opposait à ce qu’il nomme une « fuite en avant perpétuelle dans l’insatisfaction et la frustration ».

Pour justifier leurs positions, les opposants à la PMA s’appuient sur le rapport de l’Académie de Médecine, paru il y a quelques jours qui, prétend que « La conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant », regrettant ensuite que la « figure du père » soit « de plus en plus malmenée par les évolutions sociétales ».

Contre la société patriarcale, exigeons la PMA pour toutes, sans conditions, maintenant !

Plusieurs médecins ont mis en avant le fait que le rapport ne dit pas sur quoi il s’appuie, ni même si des enquêtes ont été réalisées. Et l’institution, une fois de plus sous couvert de « bioéthique » – sans apporter aucun argument scientifique – tente de donner du crédit à la Manif pour Tous et aux fervents défenseurs d’une société patriarcale, qui se structure principalement autour de la famille « traditionnelle » – famille selon eux composée d’un père et d’une mère et dans lequel le père jouerait un rôle prépondérant, de chef de famille. Cette vision, qui paraît encore plus ridicule à l’heure actuelle quand on sait que le nombre de mères célibataires a doublé ces trente dernières années, est dangereusement rétrograde. Nos corps nous appartiennent et nous ferons des enfants si nous le voulons, quand nous le voudrons et avec qui nous le voudrons !

Le fait que ce projet de loi puisse être adopté constitue sans aucun doute une conquête pour les femmes, mais cette avancée est fragile et a reposé avant-tout sur l’établissement d’un rapport de force dans la rue et une forte pression sociale sur le gouvernement. Pour la défense et la conquête de nouveaux acquis, il est nécessaire de lutter pour l’égalité des droits dans tous les domaines et d’ancrer nos mobilisations dans un combat contre l’imposition d’une vision hétéronormée, patriarcale et nucléaire de la famille.

Face à la possibilité que la PMA puisse être autorisée, Jean François Mattéi, le vice-président de l’Académie nationale de Médecine, a déclaré : « Je pense qu’un certain nombre de médecins évoqueront la clause de conscience », pour ne pas pratiquer la PMA. Comme pour l’IVG, disposer formellement du droit de le faire ne suffit pas à garantir le droit effectif de le faire. Il nous faut exiger la PMA pour toutes et tous, sans clause de conscience et avec des moyens financiers et humains à la hauteur des besoins.




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