^

Politique

RACISME D'ÉTAT

Ouverture du procès de Bagui Traoré. Face à l’acharnement judiciaire, soutien aux Traoré !

Ce lundi s'ouvrait le procès de Bagui Traoré, frère d'Adama Traoré incarcéré à la suite de la mort de ce dernier en 2016, face à une partie civile composée de 70 gendarmes. Face à l'acharnement judiciaire que subit la famille Traoré, nous apportons notre soutien total et continuerons à nous battre pour exiger justice pour Adama ainsi que la libération de Bagui.

lundi 21 juin

Crédits photo : Bertrand GUAY/AFP

En 2016, Adama Traoré meurt dans la gendarmerie de Persan dans le Val-d’Oise. Alors que les expertises commandées par les juges d’instruction nient que la cause du décès serait une « asphyxie positionnelle », les contre expertises privées de la famille Traoré soutiennent le contraire. Et pour cause, la technique du « plaquage ventral » (la même qui causa la mort de George Floyd) est largement employée par la police française. Suite à la mort d’Adama, cinq nuits de révoltes ont lieu à Persan et à Beaumont-sur-Oise, à la suite desquelles Bagui Traoré, le frère d’Adama, est incarcéré et accusé d’avoir été parmi les donneurs d’ordre pendant les révoltes. Incarcéré depuis 2016, son procès s’est ouvert ce lundi et Bagui Traoré, qui comparaît devant la Cour d’Assises avec quatre autres hommes, risque la réclusion criminelle à perpétuité.

L’ouverture de son procès n’est que la suite d’un long acharnement judiciaire et policier contre la famille Traoré. En mars, Bagui Traoré avait ainsi été hospitalisé https://www.revolutionpermanente.fr/Bagui-Traore-hospitalise-la-famille-l-apprend-3-jours-plus-tard-par-des-detenus sans que l’administration n’avertisse la famille. Assa Traoré témoignait à l’époque : « ça fait deux jours que mon frère est à l’hôpital, on ne le savait pas, on l’a appris parce que des détenus se sont inquiétés et nous ont fait passer le message ». Une fois de plus, la famille Traoré avait été confrontée à la violence des institutions, après avoir perdu un membre suite à l’intervention de la police et avoir vu son frère incarcéré quelques jours après.
Aujourd’hui, c’est au tour de l’institution judiciaire de prendre le relai à la suite de l’institution policière et de l’institution carcérale. Le procès de Bagui Traoré, qui n’est rien d’autre que le procès d’un homme face à une partie civile constituée de 70 gendarmes, constitue en réalité un contrefeu pour invisibiliser la mort d’Adama et criminaliser les membres de la famille Traoré et plus largement les victimes de violences policières et leur famille. Assa Traoré elle-même avait été mise en examen pour avoir « osé dire que [les gendarmes] étaient responsables de la mort de [son] frère [...]. Comme si réclamer la vérité et la Justice pour Adama Traoré était un crime ».

Le procès de Bagui Traoré vient de nouveau mettre à nu l’impunité dont bénéficie la police ainsi que le caractère foncièrement raciste de l’institution judiciaire. Face à cet acharnement judiciaire, nous apportons notre soutien total à la famille Traoré et continuerons à nous battre à leurs côtés pour exiger justice et vérité pour Adama ainsi que la libération de Bagui.




Mots-clés

Racisme d’État   /    Anti-racisme   /    Police   /    Comité Vérité pour Adama   /    Adama Traoré   /    Racisme   /    #JusticeDeClasse   /    Violences policières   /    Politique