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Politique

Manif de flics

PCF, PS, EELV : la gauche institutionnelle s’écrase derrière les syndicats de police et Darmanin

Ce mercredi a lieu un rassemblement à l’appel des syndicats policiers. Gérald Darmanin sera présent aux côtés des élus du RN, mais également Fabien Roussel (PCF), Olivier Faure (PS) et Yannick Jadot (EELV) qui ont décidé de se joindre à cette manifestation réactionnaire.

mercredi 19 mai

Crédits photo : Christian Hartmann / Reuters

Ce mercredi se tient un rassemblement appelée par les syndicats de police devant l’Assemblée nationale. Leurs revendications : l’application des mesures répressives promises par Jean Castex, et la mise en place de peines planchers en cas d’attaque contre les forces de police. Un appel 100% réactionnaire et sécuritaire qui fait suite au décès d’un policier à Avignon dans le cadre d’une opération « anti-drogue », auquel ont répondu non seulement le ministre de l’Intérieur Darmanin, des élus RN comme Jordan Bardella, mais aussi… une grande partie de la gauche institutionnelle.

Quand le PCF, le PS et EELV emboîtent le pas du gouvernement et de l’extrême-droite

Fabien Roussel, numéro 1 du Parti Communiste français et candidat pour 2022 s’est très vite joint à l’appel des syndicats de police, aux côtés du conseiller municipal PCF à la mairie de Paris Ian Brossat, et du député de Seine-Saint-Denis, Stéphane Peu. Interrogé sur BFM TV il a affirmé « je souhaite y être, je souhaite que l’on y soit tous ensemble, qu’on lance un appel à ce que la république retrouve ses droits à pénètre de nouveau dans tous ses territoires ». Une rhétorique de « reconquête républicaine » semblable à celle utilisée par la droite et les différents gouvernements depuis plusieurs années.

De fait, le secrétaire national du PCF donne depuis plusieurs mois le ton de la campagne présidentielle du parti. Depuis l’annonce de sa candidature et même depuis les journées d’été du PCF, Fabien Roussel multiplie les sorties réactionnaires et pro-policières en s’engouffrant dans la surenchère sécuritaire imposée par le gouvernement des mois.

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a également tenu à répondre à l’appel à manifester. Carole Delga, à la tête de la Région Occitanie, a également formulé son soutien total aux policiers dans une lettre ouverte intitulée : "Je suis des vôtres". Dans un communiqué du bureau national du PS, le parti affirme qu’il « exprimera son attachement et son soutien plein et entier à la police républicaine. Il s’associera aux revendications portant sur l’amélioration des conditions de travail des policiers et des forces de l’ordre ». Enfin, Yannick Jadot d’Europe Écologie a également affirmé dans un tweet, qu’il serait présent à la manifestation de ce mercredi.

Pour justifier leur présence, ces formations politiques font référence au fait que les policiers font face à de « mauvaises conditions de travail » et présentent la police comme un service public comme un autre. Fabien Roussel a ainsi affirmé qu’il fallait plus de moyens pour la police et qu’il fallait recruter plus de policiers. Une tentative de masquer le fait que le rôle central de la police est d’abord de garantir l’ordre existant, en réprimant dans les quartiers populaires et dans les manifestations.

La gauche institutionnelle : du côté des flics contre les quartiers populaires et les manifestants

En s’affichant à la manifestation de mercredi, la gauche institutionnelle envoie un signal fort : sa volonté de s’inscrire dans la surenchère sécuritaire orchestrée par le gouvernement et les forces réactionnaires depuis un an, et son soutien inconditionnel aux forces de répression. Un positionnement qui promet une campagne présidentielle 100% sécuritaire, et qui constitue un véritable affront tant envers les quartiers populaires, qui subissent quotidiennement la domination policière, que pour les centaines de milliers de personnes qui depuis 2016 font face à la répression systématique et ultra-violente du gouvernement.

Mais cette adaptation aux revendications des forces de répression dépasse le cadre des participants à la manifestation. Ainsi, la France Insoumise a choisi de refuser de se rendre à la manifestation et a expliqué dans un communiqué : « nous ne cotiserons pas à l’ambiance générale de surenchère sécuritaire ». Pourtant, dans le même temps, LFI n’a pas hésité à insister sur la possibilité d’une bonne police en mettant en avant son agenda de réforme qui conduit à cautionner une institution fondamentalement coercitive et répressive. Surtout, dans un premier temps, LFI a insisté sur le fait que c’était pour des raisons de sécurité qu’elle ne pouvait participer. « Dans l’absolu, compte tenu de ce que nous défendons pour la police, on y aurait notre place. Mais je ne suis pas certain que les conditions de sécurité soient réunies pour que nous y participions » avait d’ailleurs déclaré sur Public Sénat Adrien Quatennens, député LFI, évoquant même « une forme de frustration ».

Alors que des centaines de milliers de jeunes ont marché dans la rue contre les violences policières partout dans le monde, il est plus que jamais essentiel de réaffirmer qu’aucune réforme de l’institution policière n’est possible. Le caractère réactionnaire des revendications policières et la puissance de l’extrême-droite en son sein n’est pas un « hasard », c’est le reflet de la nature profonde de cette institution. Seule sa dissolution est une perspective acceptable pour en finir avec la domination policière, rempart contre ceux qui tentent de renverser ce système.




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