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Catastrophe sanitaire

PCR payants : Macron poursuit sa gestion sanitaire erratique et la fait payer aux plus précaires

Lors de son allocution, Macron a annoncé que les tests PCR seraient rendus payants d’ici l’automne. Une mesure totalement incohérente du point de vue sanitaire et qui va une nouvelle fois faire payer la facture aux plus précaires.

mercredi 14 juillet

Photo : AFP

Macron est passé à l’offensive, au travers de mesures liberticides et répressives sur le plan sanitaire et préparant de nouvelles attaques contre notre camp social, destinées à nous faire payer la facture de la crise Covid.

Sur le terrain sanitaire, Macron témoigne de nouveau de son impréparation face à la diffusion du variant Delta sur le territoire. En effet, celui-ci s’est rapidement propagé jusqu’à représenter 60 % des contaminations le mardi 13 juillet, contre 20 % à la fin du mois de juin. Mais face au danger d’une quatrième vague connu depuis plusieurs semaines, Macron a choisi la stratégie de l’autruche en prônant le « retour des jours heureux » tout en ne proposant aucun plan de prévention.
Face à l’augmentation des cas de contaminations, le choix du gouvernement a été de nouveau la répression et la coercition : obligation de vaccination pour les soignants et menace de suspension de salaire dès le 15 septembre, extension du pass sanitaire à tous les lieux publics, et non remboursement des tests PCR à l’automne. Cette dernière mesure, présentée par Macron comme un moyen « d’encourager la vaccination plutôt que la multiplication des tests », est non seulement dangereuse du point de vue de la prévention et de la détection des cas de contaminations puisqu’elle limite l’accès au dépistage, mais elle est aussi profondément inégalitaire puisque ce sont les plus précaires qui vont en faire les frais. Ce sont également ces derniers qui risquent de faire en premier lieu l’objet des mesures liberticides liées à l’introduction du passe sanitaire qui conditionne l’accès à certains lieux à l’obtention d’un test PCR négatif ou à un certificat de vaccination.

La fin de la gratuité des tests PCR, déjà mise en place le 7 juillet pour les touristes étrangers, est basé sur l’argument des « tests de confort », qui seraient, selon la définition de l’Académie de Médecine, seraient « pratiqués pour convenances personnelles (obtention d’un passe sanitaire, voyages internationaux, participation à des événements collectifs) ». Une définition dangereuse, qui remet en question la pertinence d’une stratégie de dépistage massif, pourtant primordiale à l’heure où le variant Delta se développe sur le territoire. D’autant plus que dans le contexte de réouverture orchestrée par Macron, où seuls 40 % des français ont reçus les deux doses de vaccin, l’utilisation des tests PCR à usage préventif est primordial. Aussi, l’argumentaire utilisé par le gouvernement pour le non-remboursement des tests PCR s’appuie sur le soulagement du budget de l’État. Selon un article des Echos, la stratégie de dépistage aurait coûté 2,2 milliards d’euros à la Sécurité Sociale en 2020, et elle prévoyait un budget de 4,9 milliards d’euros pour 2021. Un « coût » dont le gouvernement cherche désormais à s’exonérer en attaquant le portefeuille des plus précaires.

En effet, le futur montant des tests pourrait correspondre à celui déjà exigé aux touristes étrangers, à savoir 30 euros pour un test antigénique et 50 euros pour un test PCR. Un montant que les classes populaires ne pourront pas se permettre de dépenser, qui revient donc à mettre ces populations en première ligne des contaminations et des mesures liberticides. Et si personne n’est dupe quant à la marche forcée vers la vaccination que ces coûts induisent, le gouvernement élude complètement l’inégalité quant à l’accessibilité des vaccins pour les plus précaires.

Des données publiées par l’Assurance Maladie vendredi dernier montre par exemple la fracture vaccinale séparant l’Ouest et l’Est parisien, où les communes de Garches, Vaucresson et Neuilly-sur-Seine présentent un taux de vaccination avoisinant les 50 %, quant à l’inverse les communes Dugny et Pierrefitte-sur-Seine en Seine-Saint-Denis et Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne présentent un taux de vaccination inférieur à 17 %. Des divergences qui s’expliquent par le manque de professionnels de santé, d’accès à l’information et plus largement d’accès aux soins dans ces communes, dans lesquelles vivent beaucoup de travailleurs et de jeunes précaires.

La stratégie du gouvernement, qui vise à culpabiliser la population la plus précaire tout en cherchant à lui faire payer la facture, est à rebours des mesures sanitaires nécessaires au freinage du variant Delta. De ce point de vue, le combat pour que l’accès aux soins et à la prévention soit gratuit, tant pour les masques, les tests que les vaccins est plus que jamais primordial, et celui-ci doit être couplé à une bataille pour un véritable plan sanitaire à la hauteur afin d’éviter une quatrième vague.




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