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Notre classe

Qui paye la crise ?

PSA-Dongfeng condamne au chômage 4000 travailleurs en Chine ! 

Fermeture d’un site, vente de l’autre, PSA-Dongfeng fait payer aux employés les « mauvais résultats » sur le territoire chinois. Ce sont donc 4000 travailleurs qui vont se retrouver sur le carreau pour permettre aux patrons et actionnaires de s’enrichir toujours plus.

lundi 12 août

On apprend cette semaine dans un document consulté par Reuters, une énième restructuration industrielle. Elle touche, cette fois-ci, les travailleurs chinois produisant pour le groupe PSA dans la région de Wuhan. En lien avec son partenaire chinois, PSA fait donc le choix de supprimer 4000 postes. La co-entreprise Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles (DPCA), conservera seulement deux de ses quatre usines d’assemblage.

Toujours la même rengaine

C’est toujours de la même manière que ce type de décision patronale se déclenche. A grand renfort de presse, on nous annonce que les résultats financiers sont mauvais, que le groupe PSA va mal, qu’il perd de l’argent en Chine et qu’il faut donc prendre une décision pour redresser la barre.

Cette décision, Carlos Tavares à la tête du groupe PSA et Zhu Yanfeng, président de Dongfeng l’ont donc prise conjointement : broyer les vies de 4000 foyers. De plus, selon une source proche du dossier, si cette restructuration ne suffit pas, PSA envisage de fermer les deux usines restantes : « Nous sommes à deux doigts de devoir nous retirer du marché chinois. La situation est aussi grave que cela ». Le partenaire chinois, qui détient 12,2 % de PSA ne semble pas être un problème pour le géant de l’automobile, s’il faut s’en détacher pour plus de profit, ce sera fait.

En annonçant de mauvais résultats localement, ces entreprises espèrent légitimer leurs attaques sociales. Mais il ne faut pas oublier qu’en 2018 le groupe PSA était loin d’être au bord de la faillite : 74 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un chiffre en progression de près de 19% par rapport à 2017 ! Des sommes colossales que les travailleurs ne voient jamais passer, malgré des tentatives de communication inverse en février dernier, où une prime a été annoncée pour les travailleurs français, ce n’était évidemment que des miettes

Partout la même politique !

On commence malheureusement à être habitué à ce type d’annonce, dont le secteur automobile, notamment, est coutumier ; qu’il s’agisse du groupe PSA qui, durant ces dernières années, a supprimé plus de 25 000 postes et précarisé les emplois restant en pratiquant l’utilisation massive d’intérimaires, ou encore du groupe Ford qui vient de condamner l’usine de Blanquefort à fermer ses portes, mettant à la rue plus de 800 personnes.
Cette fois ci, ce sont les travailleurs chinois qui font les frais de l’avidité des actionnaires, mais c’est du fonctionnement économique mondial que l’on parle en réalité.
Partout on met en avant la concurrence, mais en dernière instance, chaque patron, à la tête de chaque entreprise, se fait de l’argent sur le dos des travailleurs, tandis que les travailleurs, français, chinois ou d’ailleurs en subissent les conséquences toujours plus fortes et les attaques brutales.




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