^

Notre classe

Automobile

PSA Mulhouse a supprimé 1700 emplois en 3 ans et elle le fête

Le 10 février, la direction de PSA Mulhouse a fêté dans l'usine les 3 ans de production de la 2008, avec un succès important pour l'usine de Mulhouse. Du moins, juste pour les profits, puisque en terme d'emplois c'est un véritable massacre. Et tout cela pour faire la vitrine promotionnelle d'une usine qui fonctionne à plein régime sur 3 équipes, qui recrute beaucoup de précaires et les jette dès que ces derniers ne lui sont plus utiles. Ils sont 1400 sur le site dont une grande partie au Montage, « poste » le plus « consommateur » d'intérimaires et de CDD, mais aussi des contrats pôle emploi presque gratuits. Vincent Duse

vendredi 12 février 2016

Mais pour faire une vraie fête, il faut des invités de marque. Comme à chaque fois, nous avons eu droit à Sébastien Loeb et à l’exposition de la 2008 DRK qui a fait le Dakar. C’est celle-la même qui a détruit l’environnement en Amérique Latine, passant d’Argentine à la Bolivie et le Chili avec une arrivée à Buenos Aires.

La 2008 était présentée comme le modèle qui allait préserver les emplois à PSA Mulhouse


Sur ces 3 années, en février 2013, nous étions 7827 CDI, dont 6205 ouvriers. Trois années se sont écoulées et en février 2016, nous sommes désormais 6090 dont 4900 ouvriers. En 3 ans, la direction a supprimé 1700 emplois en CDI dont 1300 postes d’ouvriers. Non seulement il n’y a pas a eu un seul emploi de préservé mais les ouvriers sont la catégorie socioprofessionnelle qui a le plus souffert des plans de suppression d’emplois, alors que c’est ceux-là même qui produisent les voitures sur les chaînes de montage.

En parallèle, les gains de productivité de chaque ouvrier n’a cessé d’augmenter avec une production journalière passée de 938 à 1076 véhicules. Pour illustrer, ce sont 50 emplois en CDI détruits par mois. Et la cadence ne va pas baisser en matière de suppression d’emplois et de postes de travail sur la nouvelle chaîne EMP2, présentée comme ultra moderne, et surtout très performante avec une cadence horaire de production de plus de 60 voitures heures. Aujourd’hui, c’est 52 voitures, avec un minimum de salariés.

Le seul objectif, c’est de faire des profits, quitte à détruire physiquement et psychologiquement les ouvriers en précarisant les emplois et en employant le moins de CDI possible, comme par exemple à Renault Flin où les précaires sont plus nombreux que les salariés aux contrats à durée indéterminée. D’où la nécessité de faire converger l’union de notre classe dès aujourd’hui, quel que soit notre contrat de travail. La stratégie du patronat est la séparation par la précarisation, imposons-lui nos intérêts d’ouvriers contre la dictature patronale.

Aggravation des conditions de travail et suppression de postes de travail permanent


Les conséquences de ces suppressions d’emplois, ce sont également des postes en moins pour l’ensemble du site de production. L’augmentation du taux de profit se fait dans tous les secteurs, et ce au détriment de la santé de salariés.

Au montage, l’augmentation de la production s’est aussi faite avec son lot de suppressions de postes. Chaque mois, il y a un ou deux postes par secteur qui sautent et le travail est réparti sur ceux qui restent. Les postes à faible valeur ajoutée sont supprimés, de même que les postes tenus par des salariés à capacité restreinte, victimes d’années d’exploitation, car bien souvent ils ne peuvent être reclassés puisqu’ils ne peuvent pas tenir de postes sur la chaîne.

Les anciens aussi sont dans le collimateur de la direction. Courir toute la journée leur est impossible. Le patronat adopte une politique de suppressions des emplois ainsi que le recours à des intérimaires pour faire passer les charges excessives de travail. Dans un premier temps, les précaires acceptent ces conditions plus difficiles, mais la colère commence aussi à monter. Le nombre de démissions d’intérimaires qui craquent face aux cadences infernales ne cesse d’augmenter, sans parler des contrats pôle emplois qui imposent le travail presque gratuit pendant 3 semaines avant de pouvoir décrocher une mission de 6 mois.

Mais la limite de la gourmandise du patronat, même avec l’aide d’un gouvernement à sa botte, c’est précisément la colère des exploités qui fera bientôt manger le chapeau à tous les exploiteurs du groupe PSA.




Mots-clés

PSA   /    Automobile   /    Notre classe