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Un groupe qui génère des milliards…

PSA Mulhouse licencie 1200 intérimaires : un massacre des emplois intolérable

C’est un plan de longue date à l’usine PSA Mulhouse : supprimer des emplois sous couvert de l’arrêt de la production de la Peugeot 2008, augmenter la charge de travail des ouvriers qui restent, avec l’objectif à terme de lancer la production d’un autre modèle de grande diffusion à moindres frais.

jeudi 3 octobre

D’ici la fin octobre, avec le passage en demi-cadence et la suppression de l’équipe de nuit, la production va baisser avec l’arrêt de la production de la Peugeot 2008 planifiée de longue date. Mais les ouvriers sur les chaînes de montage vont devoir tenir deux poste, au lieu d’un aujourd’hui, avec le plan à moyen terme (sur 3 ans) qui a organisé la baisse de production et le licenciement des intérimaires dans le but de lancer à Mulhouse la production d’un nouveau véhicule en 2021. Tout cela n’est pas le fruit du hasard mais mûrement réfléchi : baisser la production, passer en demi-cadence et ainsi faire travailler moins de monde de façons plus intensive tout en jetant comme des kleenex 1200 salariés pour préserver les gains de productivité, être rentable et dégager des profits .

Une partie des salariés crèvent de ne pas avoir de travail et ceux qui ont un emploi crèvent sous les charges de travail

Le système est bien huilé pour augmenter la rentabilité de PSA, puisque comme le disait Yann Vincent, directeur industriel du groupe, « l’objectif du groupe PSA n’est plus de faire du volume mais de dégager des marges substantielles avec des véhicules haut gamme ».

La transition opérée à l’usine de Mulhouse correspond totalement à cette logique de production puisque à partir du 31 octobre, seules les DS7 et la 508 – des véhicules haut de gamme, très chère a l’achat mais qui dégagent plus d’argent – seront produites. Pour produire ces voitures, le travail est plus important que sur les gammes inférieures, et c’est une aubaine pour les dirigeants de PSA : moins de production, moins de salariés et plus de profits. Les victimes sont à la fois les travailleurs précaires, qui devront pointer à Pôle Emploi après avoir trimé des mois à la chaîne, et ceux en CDI, qui crèveront de trop de boulot. Un système crapuleux pour exploiter et jeter ensuite. Alors que les profits explosent avec près de 3 milliards au dernier semestre, il y aurait pourtant largement de quoi maintenir tous les emplois et embaucher en CDI.

Au-delà des 1000 postes en moins chez PSA, les sous-traitants vont également supprimer des emplois

La plupart des médias ne parlent que des intérimaires, mais l’entreprise sous-traitante GIS (Gefco Industrial Services), qui s’est implantée il y a de cela 2 ans, va également supprimer 200 emplois et bien d’autres encore dans la région Mulhousienne. En effet, comme l’ensemble des usines vont baisser en production, cela va entraîner une vague de suppressions de postes. Un chiffre qui peut largement avoisiner les 5000 emplois en moins dans la région, puisque le donneur d’ordre est PSA et que si sa production baisse, tous vont y perdre et en premier lieu les plus précaires.

Il y a d’un côté un grand groupe, qui dégage des milliards de profits pour ses actionnaires, et de l’autre des familles entières jetées des usines, sans perspectives de retrouver un emploi. Mais cela ne semble pas beaucoup inquiéter les pouvoirs publics qui continuent à verser des sommes importantes pour soutenir l’activité automobile, sans aucune perspective concernant le maintien des emplois.

Si nous n’avions déjà aucune illusion sur le gouvernement et son soutien sans faille au patronat, l’absence de réaction concernant la suppression 1200 emplois dans l’une des plus gosse usines de la région laisse perplexe : c’est l’équivalent une PME qui fermerait ses portes !

Le maintien des emplois ne pourra être imposé que par une lutte d’ensemble, en s’organisant – précaires et embauchés – face à ceux qui nous exploitent.

Crédits photo : Archives L’Alsace / JF FREY




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