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Lock-out patronal

PSA Poissy : la direction craint la grève à partir du 5 décembre et décale les journées chômées

La colère monte dans tous les secteurs, dans le public comme le privé, contre la réforme des retraites et toutes les attaques contre les travailleurs. Craignant la grève, la direction de PSA Poissy a décidé de décaler au 5 et 6 décembre les journées chômées initialement annoncées pour les 22 et 29 novembre. Comme par hasard…

jeudi 7 novembre

La colère monte dans les ateliers : passage a une seule équipe, mutations forcées, licenciement de 500 intérimaires et une reforme des retraites impopulaire

La situation a PSA Poissy est tendue depuis un moment. Suppression de l’équipe de nuit, baisse de production qui entraîne le licenciement de 500 intérimaires, et pression sur les salariés pour qu’ils acceptent d’aller travailler dans d’autres usines du groupe PSA ou alors dans d’autres entreprise… Il y a peu, la colère des travailleurs s’est exprimée à travers un débrayage de 3 heures pour protester contre les pressions, ce qui avait entraîné une paralysie de la chaîne de montage.

Un débrayage sous forme d’avertissement, qui pourrait augurer une mobilisation plus grande pour la journée du 5 décembre et au-delà, journée de grève contre la réforme des retraites. Face à l’appel à la grève reconductible par certaines fédérations et syndicats, la direction a choisi la méthode du lock-out et a décidé de faire chômer l’usine afin d’éviter qu’elle soit mise à l’arrêt pour cause de grève.

Mais cette manœuvre de la direction pourrait ne pas suffire à faire retomber la colère dans l’usine. D’autant plus quand il s’agit d’un groupe qui génère des milliards de profits mais licencie des intérimaires et décide de passer à seulement une équipe, qui fait perdre de l’argent aux salariés et supprime le transport du personnel. Alors que dans le cadre de la fusion Fiat/Chrysler/PSA le groupe automobile va verser 3 milliards à ses actionnaires, pour les salariés ce ne sont que bas salaires et conditions de travail dégradées, tandis que les précaires peuvent déjà aller pointer à Pôle emploi.

La contestation contre la reforme des retraites augmente de jours en jours à l’approche du 5 décembre

La réforme des retraites est de plus en plus contestée. Pour preuve, le dernier sondage Elabe, où 47 % des sondés se disent opposés à la reforme des retraites, en hausse de 4 points en un mois. Seuls 29 % y sont favorables et l’opposition est en forte hausse chez les actifs entre 25 et 45 ans. Ce sondage en dit long de la situation de colère dans le pays. Des salariés du public comme du privé vont se mobiliser à partir du 5 décembre, cristallisant une opposition massive contre cette réforme des retraites, mais aussi contre tous les coups portés au monde du travail et à la jeunesse par le gouvernement et le patronat.

En ce sens, c’est bien la question d’un front unique pour faire du 5 décembre le début d’un grand mouvement de lutte contre l’ensemble des politiques d’austérité, qui se pose, englobant toutes les colères, toutes les professions et l’ensemble des générations. Des gilets jaunes au soulèvement au Chili, en passant par les grèves climatiques et les luttes féministes, un nouveau cycle de lutte intense s’est ouvert à l’échelle internationale et les travailleurs ont tout à y gagner.




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