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PSA bat ses records de vente à l’échelle mondiale et ferme son usine de Saint-Ouen

Alors que le Groupe PSA (Peugeot, Citroën, Opel, etc) a enregistré en 2018 un record de vente pour la cinquième année consécutive, il se permet de fermer son usine de Saint-Ouen. Gilet jaune traditionnel sur le dos, les ouvriers de PSA sont bien décidés à ne pas se laisser faire face à cette politique scandaleuse.

mardi 15 janvier

Crédit photo : photo twitter d’Eric Coquerel

Le Groupe PSA (regroupant notamment Peugeot et Citroën) enregistre de nombreux succès. En France, Peugeot est devenu en 2018 la marque vendant le plus de voitures. À l’échelle mondiale, PSA a réalisé en 2018 son record de ventes : 3,88 millions de véhicules. Cela représente une hausse de 6,8% et en hausse de 23 % en 2 ans , due principalement à l’intégration d’Opel et de Vauxhall, qui ne s’est pas faite sans licenciement.

En 6 ans il y a eu 25 000 emplois en moins et le groupe a généralisé la précarisation des emplois avec l’emploi massif d’intérimaires : plus de 8000 intérimaires à 1100 euros pour faire des véhicules haut de gamme. Cela s’est fait en s’appuyant sur les accords de compétitivité signés par une majorité de syndicats, à l’exception de la CGT. Ces accords imposent la réalisation de 56 heures quasiment gratuites et obligatoires par an, ainsi que la politique des plateforme EMP2 et le mono-flux, c’est-à-dire le travail sur une seule ligne de montage pour faire la même production, voire plus.

Les ventes mondiales du Groupe PSA sont en hausse pour la cinquième année consécutive. Tous ces progrès dans les ventes sont réalisés malgré un contexte économique tendu, causé notamment par la politique de Donald Trump, qui a forcé le groupe à se retirer d’Iran,avec pas moins de 450 000 véhicules en moins et à la contraction du marché chinois.

Pourtant, PSA cherche à faire des économies en pénalisant les ouvriers. Le groupe a en effet prévu de fermer son usine de Saint Ouen. En novembre 2018 dans une interview à Révolution Permanente, un ouvrier expliquait : « On nous a dit qu’un hôpital allait être construit et que l’usine devrait fermer d’ici mars 2021. La direction en profite pour dire qu’ils ne sont pas responsables, qu’ils n’ont pas le choix parce que ce serait une décision de l’Etat… c’est faux ! C’est complètement de leur responsabilité, ça fait des années qu’ils prévoient cette fermeture, qu’ils nous parlent de “croissance pilotée”, tout ça était calculé ! D’ailleurs ils ont caché pendant longtemps la décision de fermeture aux salariés ».

PSA fait toujours plus de profits, vers toujours plus de dividendes pour ses actionnaires, son PDG Carlos Tavares gagne 18 500 euros par jour, mais se permet de fermer des usines ! Les ouvriers de PSA Saint-Ouen, bien décidés à ne pas se laisser faire, se sont mis en grève le 9 janvier. Gilets jaunes de rigueur sur le dos, ils se mobilisent contre la fermeture de leur usine.

L’usine de PSA Saint-Ouen ne doit pas fermer alors que le groupe PSA croule sous les profits

La lutte des gilets jaunes montre la voie à suivre : celle de la lutte collective, à travers la grève contre toutes les suppressions d’emplois et contre la fermeture du site de Saint-Ouen. Avec l’ouverture, le 17 janvier prochain, des négociation salariale, il est nécessaire de réclamer l’augmentation des salaires pour tous le salariés du groupe de 300 euros minimum, afin de les embaucher, comme pour les intérimaires et les sous-traitants, auxquels doivent s’ajouter la prime obtenue par les gilets jaunes, et ce pour l’ensemble des précaires et CDI de PSA. Cette prime gilet jaune devrait d’ailleurs être partagée avec les gilets jaunes qui ont subis les violences policières pour vraiment bloquer l’économie et qui luttent pour changer radicalement la société, une sorte de collecte nationale ouvrière pour la lutte : gilets jaunes- ouvriers d’industrie même combat.

Nous ne voulons plus perdre notre vie à la gagner.




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