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Monde

Escalade sioniste dans les territoires

Palestine. Affrontements, blessés et morts : jusqu’à quand ?

Les affrontements entre Palestiniens et forces répressives d’Israël durent depuis trois semaines déjà. Alors que l’État sioniste renforce sa présence militaire en Cisjordanie et qu’il se trouve dans une situation de relatif isolement international au milieu dans une région en plein bouleversement et reconfiguration d’alliances, Netanyahu a déclaré que l’ONU est « de façon obsessive hostile à Israël ». Philippe Alcoy

mardi 6 octobre 2015

Tsahal, l’armée israélienne, a renforcé jeudi la sécurité dans la zone de Naplouse avec quatre bataillons et a entamé une opération de recherche pour retrouver les attaquants d’un couple de colons juifs qui ont été assassiné jeudi dernier.

Ce lundi elle a décidé d’interdire pendant 48h la vieille ville de Jérusalem aux palestiniens, au moment où elle bombardait Gaza, visant soi-disant un centre d’entraînement pour jihadistes.

Aussi, la présence de la police a été augmentée dans la vieille ville de Jérusalem au moment de la prière dans l’Esplanade des Mosquées (les vendredis à midi).

Peu avant, des extrémistes juifs ont incendié un véhicule palestinien près de Ramallah et ont laissé des messages sur les murs de la zone déclarant qu’ils allaient se « venger du meurtre des Henkin », nom de famille du couple de colons juifs assassinés.

Dans une autre attaque par des extrémistes israéliens, dans un quartier au nord de Ramallah, des pierres ont été lancées contre une maison et une voiture palestinienne sur l’autoroute 60, selon des informations de la presse israélienne.Un officier du renseignement palestinien a aussi été attaqué dans sa voiture à Hébron, dans la zone où l’assassinat des colons a eu lieu.

A Kafr Ad Dik, près de Salfit au sud de Naplouse, les résidents ont brûlé des pneumatiques dans l’entrée principale de la ville pour empêcher des colons d’y entrer pour les attaquer.

Des attaques à l’arme blanche ont également été perpétrées contre des colons israéliens dans la vieille ville de Jérusalem.

Ces attaques ont lieu alors que des affrontements entre jeunes palestiniens et police israélienne se jouent depuis trois semaines dans la zone de l’Esplanade des Mosquées.

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Une région sous tension

Le gouvernement de la Jordanie a menacé vendredi de prendre des mesures contre Israël, suite aux invasions récentes des forces de police sionistes dans l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem, alors que des manifestations ont eu lieu dans les rues d’Aman, capitale du pays, pour exiger la rupture des relations diplomatiques avec ce pays et l’expulsion de l’ambassadeur sioniste de Jordanie ainsi que la fin de l’accord de paix avec Israël.

La Jordanie a en effet lancé un avertissement à Israël sur « les dures conséquences de ses agissements, qui sont inacceptables pour les musulmans , représentent une menace sans précédent et enfreignent la loi et les traités internationaux ».

Il y a deux semaines, cinquante députés jordaniens avaient demandé à leur gouvernement d’expulser l’ambassadeur israélien d’Amman et de « réviser » le traité de paix avec ce pays pour protester contre les violences à Jérusalem et en Cisjordanie.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi à l’ONU que cette organisation était « hostile » à son pays et qu’elle avait gardé un « silence complet » face aux menaces de l’Iran contre le peuple israélien.

Ces déclarations ont eu lieu le lendemain de l’allocution du leader palestinien à l’ONU, Mahmud Abas, qui a annoncé qu’il ne se sentait plus engagé par les accords d’Oslo, étant donné les violations à répétition d’Israël. Et cela quelques minutes avant d’ériger le drapeau palestinien au siège de l’ONU à New York.

Le mouvement islamiste Hamas avait demandé au président de l’Autorité Nationale Palestinienne la dérogation des accords et traités signés avec Israël.

A cela il faut ajouter un isolement relatif du gouvernement sioniste suite aux bouleversements militaires et géopolitiques dans la région. L’accord sur le nucléaire iranien signé par Téhéran et les États-Unis affaiblit la position d’Israël dans la région étant donné qu’il donne une certaine légitimité à l’un des régimes ennemis de Tel Aviv. Plus récemment, l’intervention militaire accrue de la Russie est aussi un coup pour Netanyahu : la lutte contre Daesh de la part de l’armée russe peut renforcer non seulement Bachar Al-Assad mais aussi ses alliés directs et ennemis d’Israël : le Hezbollah et l’Iran. Le journal de la city de Londres, The Financial Times, est même jusqu’à affirmer que le grand perdant de l’intervention militaire de la Russie ne Syrie n’était autre qu’Israël.

Le resurgissement d’un conflit entre Israël et la population palestinienne pourrait avoir des conséquences dangereuses pour l’État sioniste. Netanyahu et son gouvernement en sont bien conscients. D’où le « permis de tuer » donné à Tsahal et la multiplication des pressions exercées par Tel-Aviv sur le plan international.




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