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Palestine vaincra

Palestine. Le silence de l’ONU masque les crimes coloniaux de l’État d’Israël

Depuis le 10 mai, 200 Palestiniens sont morts sous les bombes israéliennes. Dans ce contexte, les puissances impérialistes affichent soit leur soutien sans failles à l'Etat d'Israël soit se murent dans un silence complice, à l'image de l'ONU, sous la pression des Etats-Unis.

lundi 17 mai

Crédits photo : AFP

On compte aujourd’hui 200 morts palestiniens sous les bombes de l’État d’Israël à Gaza, dont au moins 59 enfants et plus de 1300 blessés. Le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est réuni pour la troisième fois ce dimanche pour tenter de voter un texte qui statuait sur leur position vis-à-vis du conflit. Aucun accord commun n’a été trouvé, les discussions étant majoritairement bloquées par la position des États-Unis qui ne veulent pas que le conseil de sécurité de l’ONU soit impliqué dans le conflit.« Le Conseil de sécurité marque sa préoccupation en se réunissant, pas besoin de plus », a indiqué un diplomate réclamant l’anonymat. Ainsi, les États-Unis poursuivent leur politique de soutien inébranlable à la politique coloniale d’Israël, qui massacre et opprime sans pitié des milliers de Palestiniens depuis des décennies.

Depuis la création de l’État d’Israël, l’ONU a un rôle de premier plan. C’est juste après le vote du plan de partage de la Palestine en 1947 par l’Organisation des Nations Unis (ONU) que l’Etat d’Israël est créé en 1948. Ainsi, elle est responsable de la division d’un territoire, aux dépens des peuples arabes, dans le but de consolider une puissance pro-impérialiste dans la zone du Moyen-Orient, manière de s’assurer la continuité de la mainmise impérialiste sur les richesses des pays voisins et de maintenir une hégémonie dans la région. Il s’agit de la spoliation de 57% des terres palestiniennes au profit d’un État artificiel, dans la mesure où les Juifs représentaient à sa création moins de 30% de la population. De fait, ce sont ces grandes puissances mondiales impérialistes qui contrôlent l’organisation : la France, les États-Unis, et le Royaume-Uni notamment font partie des cinq États à posséder le droit de veto.

Aujourd’hui, si le conseil de sécurité de l’ONU ne se positionne pas et ne trouve aucun accord commun, c’est en raison des Etats-Unis qui ont assez de pouvoir pour bloquer toutes les discussions et délibérations. Leur absence, cependant, ne changerait pas grand-chose à la position ou l’intervention de l’ONU puisque toute intervention de l’organisation se fait uniquement que dans les intérêts des pays qui la dirigent. Or il n’est pas dans l’intérêt des pays impérialistes de démanteler l’État d’Israël, qu’ils ont eux-mêmes créés de toutes pièces.

L’ONU est une organisation pro-israélienne dans sa racine, il est donc illusoire d’espérer d’elle une position autre que celle d’un soutien fort pour l’État sioniste. Ce soutien s’illustre dans chacune des grandes puissances, avec tout d’abord le Royaume-Uni qui est l’Etat colonisateur de la région qui fut "chargé" par la Société des Nations (une institution impérialiste et prédécesseure des Nations Unies, l’ONU), de lui conférer un statut de protectorat avec une administration légale dès 1922. Ensuite, entre d’une part, les États-Unis qui fournissent les armes à Israël, Trump qui place l’ambassade américaine d’Israël à Jérusalem reconnaissant la ville comme la capitale de cet État, niant par la même le droit à la terre des Palestiniens confrontés à une extension coloniale toujours plus violente de l’État d’Israël ; et d’autre part la France qui, entre autres, interdit les manifestations en soutien à la Palestine à coup de déclaration scandaleuses comme l’assimilation du mouvement de libération de la Palestine à un mouvement antisémite, le socle de l’ONU est un soutien flagrant à Israël. N’oublions pas que la France ou les États-Unis sont les principaux partenaires d’Israël sur le plan politique, économique et militaire.

Nous ne devons pas attendre qu’une organisation aussi étroitement liée à la création et l’entretien d’un État raciste et oppresseur, soit un appui aux Palestiniens en lutte contre l’oppression coloniale. Ce ne sont pas quelques motions appelant à la paix qui vont faire face à des décennies de soutien militaire et politique par les mêmes États membres. Il ne s’agit que d’image et de symbole, une motion de l’ONU n’empêchera jamais Israël de bombarder Gaza. Ce n’est pas non plus une intervention des casques bleus, une armée aux mains des plus grandes puissances impérialistes du monde, qui pourra servir les intérêts d’une population massacrée par un État créé par ceux aux commandes de cette même armée.

La solution ne peut venir que de la jeunesse et des travailleurs non seulement palestiniens, qui appellent à la grève générale ce mardi, mais aussi israéliens, comme le prouvent les manifestations contre le bombardement de Gaza, organisées par des Arabes israéliens et des Juifs dénonçant la politique sioniste et meurtrière de leur propre État dans plusieurs villes du pays face à un même ennemi : l’État d’Israël.

L’aspiration de libération nationale légitime des Palestiniens ne peut être garantie de manière efficace et intégrale que par l’établissement, par des moyens révolutionnaires, d’une Palestine ouvrière et socialiste sur l’ensemble du territoire historique, dans laquelle Arabes et Juifs pourront vivre ensemble en paix et égaux.




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