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Pari de Macron : le confinement plane toujours, la colère grandit

Alors que la situation sanitaire est plus que préoccupante et que les variants sont en embuscade, Macron a misé tout sur la possibilité d’éviter un troisième confinement. Un pari sur nos vies alors même que de nombreux soignants, épidémiologistes et médecins alertent depuis une semaine une troisième vague brutale à venir.

mercredi 3 février

Face à une situation épidémique alarmante et alors que tout le monde s’attendait à un re confinement généralisé, Jean Castex avait finalement pris la parole vendredi dernier pour annoncer de nouvelles mesures répressives venant s’ajouter aux précédentes. En plus du maintien du couvre-feu à 18h, le premier ministre avait annoncé la fermeture des frontières et le renforcement des contrôles policiers, notamment pour assurer le respect du couvre-feu policier. De nouvelles mesures restrictives qui, en plus de saper le moral de la population et de renforcer le sentiment d’incertitude, ne sont certainement pas des mesures sanitaires.

Mais le pari de Macron n’est pas un pari comme les autres, il est un pari sur nos vies. Un pari que Macron ne peut pas perdre tant il mise gros, à savoir un prochain quinquennat. En ce sens, le chef de l’Etat se tient prêt à reconfiner alors que pour de nombreux soignants et épidémiologistes, une troisième vague est désormais inéluctable.

De ce point de vue, la semaine à venir est cruciale pour le gouvernement qui se tient prêt à annoncer de nouvelles mesures et notamment celle d’un nouveau confinement. Le 31 janvier, le ministre de la santé, Olivier Veran expliquait au Journal du Dimanche qu’il s’agissait alors pour le gouvernement de « gagner du temps » et de « limiter la casse », et repousser au maximum l’instauration d’un confinement dur qui mettrait à l’arrêt l’économie. Dans le même temps, dans les hôpitaux, les signaux d’alertes se multiplient et la tendance des contaminations est à la hausse.

C’est donc sur nos vies que le gouvernement pari. En effet, en l’absence d’une stratégie sanitaire à la mesure de la situation épidémique critique, c’est toute la population qui fait face au virus et notamment aux variants, déjà largement présents dans tout le pays. Et ce n’est pas la stratégie vaccinale du gouvernement qui va nous sauver. Ainsi, le nombre de personnes ayant déjà reçu une première injection (deux injections nécessaires) reste dérisoire et l’un des plus bas d’Europe. Selon des projections de l’Our world in data, seuls 2% de la population française serait aujourd’hui vaccinée.

En s’affranchissant des alertes du corps médical et des spécialistes, l’exécutif qui, comme depuis le début de la crise priorise l’économie au détriment de la santé de la population, a opté pour la stratégie dit du « fil du rasoir ». Il s’est refusé à prendre des mesures de confinement dites préventives, alors même que les injonctions médicales se sont multipliées, appelant à prendre de réelles mesures à même de mettre un frein brutal à la hausse des contaminations. En effet, ce sont déjà plus de 27 000 personnes prises en charge dans les hôpitaux, un chiffre qui ne peut pas gonfler à l’infini. Selon Le Monde, le seuil des 3 000 patients en réanimation a également été franchi mercredi 27 janvier, soit « des niveaux similaires à ceux atteints entre la fin octobre et le début de novembre 2020.

Toujours selon un article du Monde, on apprend que pour l’état-major de l’assistance publique-Hôpitaux d’Ile-de-France, il s’agirait de confiner « le plus vite possible » face à l’urgence de la situation : « La situation est inquiétante selon tous les indicateurs, on est sur un plateau ascendant, ça ressemble beaucoup à un début d’exponentielle ». Car si la troisième vague semble encore contenue dans de nombreuses régions, certaines villes du grand-est retiennent leur souffle. Quelques départements dont les Alpes Maritimes vivent déjà une situation critique. Déjà la semaine dernière, les soignants devaient « trier leur patients » et renvoyer mourir chez eux ceux qui avaient à priori peu de chances de survivre. Une situation inacceptable qui risque de se répandre dans tout le pays en l’absence de réelles mesures. Face à l’ampleur de la crise, il s’agirait d’ouvrir massivement des lits de réanimation, déjà surchargés dans les hôpitaux.

A l’aube d’une troisième vague épidémique, la seule mesure concrète prise par le gouvernement sur le plan sanitaire, à savoir la fermeture des grands centres commerciaux de plus de 20 000 mètres carrés, s’avère presque cosmétique au regard de la vague de variants à venir. Toutefois, du point de vue autoritaire, le gouvernement ne lésine pas sur les mesures : Entre fermeture des frontières, renforcement des contrôles, le gouvernement orchestre la situation de manière extrêmement autoritaire et répressive.

Mais à quoi d’autre pouvait-on s’attendre de la part de Macron ? Depuis près d’un an, le gouvernement a largement prouvé son incapacité à enrayer l’épidémie, oscillant depuis le mois de mars entre confinements partiels ou totaux et des couvre-feux tantôt régionaux tantôt nationaux. Lassés et angoissés par cette situation qui n’en finit pas, certains restaurateurs ont montré leur colère en ouvrant leurs établissements au public malgré l’interdiction gouvernementale. Des ouvertures sauvages qui si elles expriment une forme d’irresponsabilité au regard du risque de contamination dans ces lieux de fort brassage de population où l’on ne porte pas de masques, n’en exprime pas moins une exaspération compréhensible tant le gouvernement est lui-même irresponsable. En réponse, l’autoritarisme toujours, ce lundi matin, le gouvernement s’est chargé de décourager ces restaurateurs à bout en les menaçant de suspendre leur accès au fonds de solidarité pendant un mois voire à leur couper en cas de récidive.

Alors que le même schéma se répète depuis près d’un an et que le gouvernement qui nous a amené à la catastrophe, il est plus que jamais nécessaire de prendre nos affaires en main pour trouver une autre issue à la crise sanitaire.




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