^

Jeunesse

Préparons le CA du 23 !

Paris 1. Est-il possible d’obtenir la validation de l’année pour toutes et tous ? 

Ce jeudi 16 avril, les élus étudiants de plusieurs organisations politiques et syndicales ont fait adopter en Conseil de la formation et de la vie universitaire (CFVU) une motion portant sur la validation automatique de l'année pour tous les élèves de Paris 1. Pour que cette revendication étudiante ait une chance d'aboutir en Conseil d'administration (CA), Il s'agit de la porter massivement afin de faire pression sur la présidence et d’empêcher tout passage en force.

vendredi 17 avril

C’est une CFVU qui restera sans doute dans les annales. Dès 14h, les infos fusent de l’intérieur de la réunion pour tenir au courant les étudiants de Paris 1 des débats qui ont lieu à propos de deux sujets cruciaux : la levée de la sélection en Master et la validation de l’année pour tous. 
 

 
 
Le Poing Levé, collectif étudiant à Paris 1 créé à l’initiative des militants de Révolution Permanente, s’est allié à différentes organisations étudiantes telles que l’UNEF ou Solidaires, pour mener une bataille commune contre la présidence. 
 
 

 
 
L’enjeu est de taille. À l’instar de nombreuses présidences de facultés, telles que l’Université de Lorraine qui a récemment suscité la colère massive des étudiants autour du hashtag #HonteUnivLorraine en maintenant les partiels, l’administration de Paris 1 souhaite imposer coûte que coûte des examens de fin d’année, en dépit du caractère inédit de la situation à échelle mondiale. Or, si les partiels étaient maintenus et la sélection toujours de mise, une grande partie des étudiants se retrouveraient sur le carreau en raison de ses conditions de confinement et d’une précarité aggravée pendant la période. À l’heure d’une crise économique sans précédent dont la jeunesse va être la variable d’ajustement, la continuité pédagogique est ainsi une politique de contention de la jeunesse qui la tient à l’écart de ce qui va déterminer son avenir. 
 
 
Le mot d’ordre des organisations étudiantes ne laisse donc aucun doute : année exceptionnelle = ni partiels ni sélection ! Par une alliance large des élus étudiants et le soutien d’un élu professeur, la motion soumise au vote concernant la validation automatique est adoptée à la majorité (17 pour, 15 contre, 6 abstentions). 
Pourtant, il ne faut pas se faire d’illusions. La présidence est prête à tout pour maintenir les examens. Déjà, en CFVU, la deuxième instance démocratique de l’université et la plus représentative des étudiants avec 16 élus pour 40 sièges, la présidence a voulu lever la séance une fois sa propre motion sur la tenue des examens rejetée à la majorité. 
 

 
Georges Haddad, président de l’Université Paris-1, n’a pas hésité à rappeler la souveraineté du Conseil d’administration, où le nombre d’élus est réduit à 6, pour décider d’une telle annulation des examens. Le message est simple : « Nous sommes là pour transmettre et évaluer, c’est la règle. En tant que président d’université je vais me reposer sur le Conseil d’administration. Il aura le dernier mot »
 
 

 
 
Il est certain que la présidence de Paris 1, qui se cache derrière le vernis démocratique de ces instances, davantage représentatives des intérêts du gouvernement et du CAC 40 que de ceux qui y étudient et y travaillent, va dévoiler ses traits autoritaires dans la bataille pour le maintien des examens. 

Déjà concernant la levée de la sélection en Master, qui était portée par les élus étudiants, la présidence s’est arrogée le droit de reporter le point à la prochaine CFVU, effrayée à l’idée que la motion étudiante à cet égard puisse être votée. Un scénario de ce type s’est déroulé à l’université de Nanterre, où l’administration s’est octroyée les pleins-pouvoirs pour décider du maintien des partiels.
 
Si les élus du Poing Levé, ainsi que l’ensemble des élus étudiants, appuieront les revendications étudiantes le 23, nous ne pouvons donc compter uniquement sur le Conseil d’administration pour obtenir gain de cause. Cette instance où les élus étudiants sont extrêmement minoritaires, sert à donner toute légitimité à la présidence. Pour mener la bataille le 23 avril et faire pression autant que possible pour le respect de la motion votée par les élus CFVU, il s’agit donc de visibiliser au maximum les revendications étudiantes en amont du CA. 
 
 
En ce sens, la pétition lancée de manière unitaire par les élus étudiants à propos de la validation automatique a déjà récolté plus de 2 000 signatures en quelques heures. Sur Twitter, « Paris 1 » et #CFVU ont été en top tendance avec plus d’une centaine de milliers de tweets. Les étudiants de nombreuses facs regardent ce qu’il se passe à Paris 1, en espérant que la même dynamique naitra dans leur université. 
 

 

 
 
D’ici le 23 avril, il s’agit donc de mener une campagne massive autour du mot d’ordre de validation pour tous, pour faire largement pression sur une administration qui n’hésitera pas à passer en force pour répondre aux préconisations du gouvernement. Aucun étudiant ne doit rester sur le banc de touche, et tout élève doit avoir une place garantie l’année suivante. Mais s’opposer à la sélection sociale est une lutte qu’il faut mener d’arrache-pied. 

De cette bataille peut naitre une victoire, symbole, en période de crise sanitaire et économique mondiale, que la jeunesse ne se plie pas aux injonctions gouvernementales, mais défend le droit d’étudier et de vivre décemment.

Voici quelques initiatives déjà lancées :

La pétition appelant à la validation automatique doit être signée et relayée largement comme expression de la colère étudiante.

Un appel à témoignages sur les conditions de confinement, la continuité pédagogique, et les partiels a été lancée également. Cela peut permettre de visibiliser le quotidien de précarité et de pression scolaire que vivent de très nombreux étudiants.




Mots-clés

Jeunesse   /    Université Paris 1   /    Jeunesse