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Société

Témoignage | Collectif Solidarité migrants Wilson

Paris, 2019. « Des femmes, enfants, bébés survivent dans des tentes aux milieu des rats ! »

« C'est une femme qui est venue attirer notre attention sur sa situation. On la suit, on se rend compte qu'elles sont 3 femmes, et avec elles 4 enfants. Jeunes, très jeunes : 2, 5, 8 ans environ. Ils dorment là entre le périph et les rats, sous des tentes déchirées, dans le froid et l'humidité qui s'installent. »

mercredi 30 octobre

Source : Page Facebook Solidarité migrants Wilson

#France, #Paris, 29 octobre 2019 : Des femmes, enfants, bébés survivent dans des tentes aux milieu des rats ! C’est ce que nous avons vus hier soir lors de la maraude porte d’Aubervilliers.

Le témoignage et les photos d’Alice et Slimane :

« On ne s’habitue jamais aux campements de la honte qui bordent les portes de Paris depuis trop longtemps déjà.

Ce soir, en plus de la distribution Avenue du Président Wilson, nous nous sommes rendu.e.s porte d’Aubervilliers. Malgré la "mise à l’abri" d’il y a quelques semaines, les tentes sont revenues, les hommes et les femmes aussi.

C’est une femme qui est venue attirer notre attention sur sa situation. Elle est arrivée vers nous, pour nous demander de lui servir quelque chose à amener avec elle dans les tentes, plus loin. On échange un peu, on apprend qu’elles sont deux femmes. On la suit, on se rend compte qu’elles sont 3 femmes, et avec elles 4 enfants. Jeunes, très jeunes : 2, 5, 8 ans environ. Ils dorment là entre le périph et les rats, sous des tentes déchirées, dans le froid et l’humidité qui s’installent.

Nous leur demandons s’ils sont d’accord pour des photos, le père de l’un d’entre eux s’y oppose. Il me raconte qu’il en a marre, qu’il en a vu des journalistes qui viennent pour des photos et ne reviennent jamais, que sa situation ne change pas, qu’il se demande parfois s’il ne ferait pas mieux de rentrer en Somalie, dans son pays où rien ne va mais où ses enfants ne dormaient pas au milieu des rats. “Rats, animals”, il dit ça et enlève le grain de riz des cheveux de sa si jeune petite fille qui mange en lui faisant de grands sourires.

On échange et je comprends que toute cette petite bande (une famille avec deux enfants, une femme seule, une femme seule avec enfants) ont été “mis à l’abri” la dernière fois. Mais peut-on vraiment appeler mise à l’abri une action qui consiste à faire monter des gens dans des bus, les envoyer dans des accueils de jour, puis les remettre dehors après examen de leur dossier sans explications convenables ? Peut-on vraiment appeler mise à l’abri une action qui consiste à violer le plus simplement du monde les droits fondamentaux ? Les droits de l’enfant ?

On ne s’habitue jamais aux campements de la honte qui bordent les portes de Paris. Plein.e.s de colère et de honte, on ne peut que se demander quels sont les leviers pour que cela cesse ? Que faire à nos petits niveaux, que faire pour que l’État cesse de mentir, de nous faire croire qu’il fonctionne alors qu’il laisse l’humain dans la boue et les rats ? »




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