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Jeunesse

Étudiants sans-papiers

Paris 8. Soutiens associatifs et politiques réunis pour exiger la régularisation des étudiants sans-papiers !

Neuf mois après un dépôt collectif pour exiger la régularisation de 37 étudiants sans-papiers de Paris 8, ce mercredi, un nouveau rassemblement a réuni un large panel de soutiens associatifs et politiques. Le Poing Levé, l'UNEF-Tacle, RUSF, SOS Racisme ou encore le NPA jeunes étaient ainsi présents pour dénoncer les fausses réponses de la préfecture, interpeller la présidence et exiger leur régularisation immédiate.

lundi 15 novembre

Ce mercredi 10 novembre, se tenait un nouveau rassemblement à l’université Paris 8, exigeant la régularisation immédiate des 37 dossiers d’étudiant.e.s sans papiers, déposés il y a déjà 9 mois. Alors que quelques semaines plus tôt, nous apprenions que seulement 5 des 37 dossiers déposés par le Collectif des étudiants étrangers et soutiens (CEES) de Paris 8 allaient être examinés par la préfecture, un premier rassemblement s’était tenu pour dénoncer la situation et demander à la présidence de se positionner. En réponse, cette dernière s’était terrée dans son bureau refusant de recevoir les étudiant.e.s mobilisé.e.s.

Lors du rassemblement, qui a réunis plus d’une trentaine de personnes, diverses associations, collectifs et syndicats étaient présents et sont intervenus pour réaffirmer leur soutien aux étudiant.e.s sans papiers et plus largement pour dénoncer la situation. Alioune, membre du CEES a ouvert les prises de paroles : « vous n’êtes pas sans savoir les conditions de vies extrêmes, pénibles que traversent étudiants étrangers ici en France. Souvent ils ont des problèmes de logement, de transport, de bien-être... [...] Beaucoup d’étudiants sont dans des situations psychologiques instables, ont perdu leur emploi et se sont retrouvés dans la précarité, dans la galère. Et malgré tout cela, durant la crise sanitaire, ces étudiants ont prêté main forte à la société. »

Ensuite, Saphia est intervnue pour SOS Racisme rappelant que « la volonté de la présidence de Paris 8 de ne pas régulariser 37 dossiers et de se renvoyer la balle avec la préfecture, c’est ni plus ni moins qu’une décision politique. Parce qu’en fait une université où il y a environ 25 000 étudiants, la régularisation d’une trentaine de dossier c’est un chiffre qui est dérisoire.[...] Ce que subissent les étudiants étranger c’est une précarisation comme il n’y en a pas d’autre parce que ne pas considérer qu’une carte étudiante c’est un titre de séjour,c ’est empêcher, c’est empêcher de pouvoir avoir un travail alimentaire, c’est empêcher le logement et c’est évidemment sur le long terme des risques d’OQTF [obligation de quitter le territoire français] »

Ce sont aussi des professeurs du lycée voisin à l’université, Paul Eluard, qui sont venus en soutien aux étudiant.e.s sans papier de Paris 8. Dans son intervention, un professeur du lycée aussi membre du collectifs RUSF Paul Eluard (réseau universitaire sans frontière) dénonce : « En France nous avons des élèves qui vivent dans la peur d’être contrôlés, enfermés dans des conditions inhumaines dans des centres de rétention administratifs et d’être expulsés. Iels ne peuvent suivre sereinement leur scolarité dans ces conditions. […] et l’Etat met tout en œuvre pour ne régulariser qu’un minimum de personnes en situations irrégulières présentes sur le territoire Français ».

Car en effet, la situation dans laquelle se trouvent ces 37 étudiant.e.s sans papiers qui exigent la régularisation immédiate est loin d’être une situation isolée, bien au contraire et s’inscrit dans une séquence politique où « c’est à la mode de cracher à la figure de celles et ceux qui ont trimés pendant le confinement » comme le rappelle Léo, militant au Poing Levé et à Révolution Permanente.

Car en effet, ce rassemblement mettait un point d’honneur à aller au delà de la question de ces 37 dossiers, mais demandait plus largement la régularisation de tout les sans papiers mais aussi la suppression de la loi ORE et la loi bienvenu en France qui sont des lois qui visent à une sélection sociale et raciste à l’université comme l’explique Mehdi, militant au CEES et au Poing Levé au rassemblement avant d’ajouter : « on revendique aussi un repas à 1 euros pour tout les étudiants qu’ils soient boursiers ou pas, nationaux ou non. Ainsi qu’un revenu à la hauteur du SMIC pour tout les étudiants. »

Ce rassemblement se tenait en amont d’un rendez vous avec la présidence afin de mettre la pression à celle-ci pour qu’elle se positionne publiquement pour la régularisation de ces dossiers. Sans surprise celle-ci a refusé la proposition de faire une conférence de presse publique, et donc finalement de tenir ses propres engagements. Si, comme à son habitude, elle n’a fait que repousser le soucis en proposant un prochain rendez-vous dans 3 semaines, les étudiants quant à eux restent déterminés à maintenir leur conférence de presse et plus largement à maintenir la pression pour la régularisation des sans papiers.




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