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Paris. Aux Invalides, la police déploie des canons à son pour réprimer la foule de jeunes

Vendredi soir, la police a fait usage d’une nouvelle arme pour disperser un rassemblement de jeunes aux Invalides : un canon à son. Cette arme, déjà utilisée aux USA, vient s’ajouter à l’arsenal répressif de la police française, dans la continuité de la gestion policière de la crise.

lundi 21 juin

Crédits : Yazid Bouziar

Vendredi soir, entre 1000 et 1 500 personnes se sont rassemblées sur l’esplanade des Invalides à l’occasion d’une soirée « projet X », en référence au film du même nom. Des soirées similaires avaient été organisées la semaine dernière, sans respect des mesures sanitaires liées au covid-19. Elles avaient été réprimées et dispersées par la police au moyen notamment de gaz lacrymogènes.
Mais vendredi soir, la police a utilisé une nouvelle arme pour disperser le rassemblement : des canons à son, comme on peut le voir sur la vidéo partagée par Cerveaux indisponibles.

L’utilisation de cette arme est une nouveauté en France et pose de nombreuses questions quant à sa potentielle dangerosité, s’ajoutant à la liste des armes à « létalité réduite » comme les lanceurs de Flash-ball (LBD) déjà utilisés par la police.

Une nouvelle arme issue de l’armée américaine

Les canons à son sont des appareils développés dans les années 2000 pour l’armée américaine. Nommés Long Range Acoustic Device en anglais, ils émettent des sons dans une direction précise pour communiquer des messages ou, dans ce cas, pour disperser des foules. Mais ces canons à son ne sont pas sans danger. Dans un arrêt rendu en 2018, une Cour d’Appel de New York a déclaré que l’utilisation de ces canons relevait d’un usage « anticonstitutionnel » et qu’ils représentent un « abus de force ». Cette décision fait suite à la plainte de six manifestants qui déclaraient avoir eu des « « migraines, des vertiges, de douleurs dans les sinus et de perturbations auditives, après avoir été dispersés par l’usage de ces canons à son lors d’une manifestation.

Ces canons sont considérés comme des armes à « létalité réduite » au même titre que les Tasers ou les flash-ball, dont on connaît pourtant la dangerosité, de nombreuses personnes ayant été blessées, parfois grièvement et de façon irréversible, par ces armes. Alors que le niveau moyen d’une conversion est de 60 décibels, que le seuil de douleur est de 120 et qu’à partir de 90 décibels, des risques pour l’audition sont possibles, ces armes peuvent atteindre jusqu’à 150 décibels.

Dans la continuité de la gestion policière de la crise par Macron, l’utilisation d’une telle arme montre non seulement un deux poids deux mesures insupportable mais également l’élargissement des moyens répressifs, la police allant jusqu’à utiliser des armes issues de l’armée.




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