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Politique

Paris. Génération identitaire se vante d’avoir été exfiltrée par la police après son action raciste le 13 juin

Pendant la manifestation parisienne contre le racisme et les violences policières ce samedi 13 juin, les militants du groupuscule d'extrême-droite Génération Identitaire ont déployé une banderole réactionnaire sur le racisme anti-blanc. Hués par la foule, leur banderole arrachée par les voisins puis un manifestant, ils auraient finalement été exfiltrés par la police.

lundi 15 juin

Crédit Photo : Thomas SAMSON / AFP

Fort heureusement, leur tentative de provocation a tourné au fiasco. Quelques militants d’extrême-droite du groupuscule Génération identitaire avaient décidé de déployer une banderole sur le toit d’un immeuble Place de La République, où avait lieu le départ de la manifestation parisienne contre le racisme et les violences policières. Y était inscrit "Justice pour les victimes de racisme anti-blanc, suivi de #WhiteLivesMatter" : une manière de détourner le mot d’ordre #BlackLivesMatter du désormais mouvement international anti-raciste à des fins réactionnaires. C’est tout d’abord les voisins d’en dessous qui ont déchiré la moitié inférieure de la banderole. L’autre moitié s’est faite décrocher l’audacieux acrobate @crobate94, qui a grimpé la façade à mains nues pour retirer la banderole réactionnaire du toit.

Après avoir été hués par la foule, vu leur banderole arrachée, et nez à nez avec des manifestants montés pour mettre fin à cette provocation scandaleuse et raciste, les quelques militants de Génération identitaire ont finalement pris la fuite…jusque dans un fourgon de police.

Les militants d’extrême droite aurait en effet été appréhendés par la police après avoir quitté l’immeuble sous la pression de la foule. Cependant, les circonstances de leur interpellation ont créé une vague d’indignations sur les réseaux sociaux. Non pas de par la violence de l’interpellation, bien au contraire. Ce que retiennent les internautes est la photo postée par les militants de Génération identitaire, sur laquelle ceux-ci se vantent ouvertement d’avoir été exfiltrés par la police. En effet, ceux-ci semblent bien peu inquiets au regard de la situation, disposant même de leur téléphone pour continuer leurs provocations. Surtout, une des militantes écrit explicitement "exfiltrés par la police, pas de GAV, petit selfie dans le fourgon".

Face à l’ampleur de la polémique, Libération a enquêté pour déterminer la véracité de “l’exfiltration”. La préfecture de police de Paris, interrogée par CheckNews, confirme qu’il y a bien eu "douze interpellations" concernant cette action précise.

Le parquet de Paris a ensuite confirmé qu’il n’y avait eu aucune poursuite, les militants de Génération identitaire n’ayant pas été placés en garde à vue. Des informations que revendique ouvertement sur les réseaux le cadre du groupuscule Johan Teissier. "On vient de sortir du commissariat et finalement il n’y a pas eu de garde à vue, il n’y a pas eu de poursuites non plus", affirme-t-il.

Ce qui indigne, c’est bien le deux poids deux mesures de la police. Une police qui d’une part conduit gentiment des militants réactionnaires venant de commettre une action illégale devant plusieurs dizaines de milliers de manifestants, et qui d’autre part interdit et réprime durement la manifestation massive d’une centaine de milliers de personnes. Aucune poursuite pour l’extrême-droite, mais des gaz, charges et interpellations pour les manifestants venus dénoncer le racisme et l’impunité policière, exigeant justice et vérité.

Bien que la préfecture de police se refuse à parler d’une exfiltration comme le fait Génération identitaire, il est évident que cette “interpellation” vient une fois de plus démontrer le copinage entre les forces de police et les mouvements d’extrême-droite. Cette exfiltration n’est pas anodine dans le contexte de dénigrement du mouvement antiraciste que le président Macron a qualifié de communautaire dimanche soir dans son allocution. L’interdiction de la mobilisation en parallèle d’une politique ultra tolérante à l’égard de cette action raciste ainsi qu’aux manifestations nocturnes non déclarées de la police démontre qu’en France aussi il est nécessaire de combattre massivement le racisme et l’institution policière comme structure de coercition des populations, et d’exiger sa dissolution.




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