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Culture et Sport

Tentative d'intimidation

Paris. La police arrête des artistes pour une fresque en soutien à la Palestine

Mercredi 26 mai, des artistes du collectif Blacklines se sont fait embarquer par la police alors qu’ils peignaient une fresque de soutien à la Palestine sur un mur du 13e. Si une procédure pénale pour « dégradation » est lancée, c’est bien le caractère politique de la fresque qui est en cause.

jeudi 27 mai

Crédits photo : Nantes Révoltée

Le collectif Blacklines n’en est pas à sa première fresque censurée. Né en 2016 pendant Nuit Debout, le collectif d’artistes voit sa toute première fresque représentant la mobilisation censurée par la mairie de Paris. Depuis, les artistes ont signé de nombreuses fresques en noir et blanc en soutien aux luttes sociales en France, des Gilets Jaunes au combat pour Adama Traore, mais aussi à l’international.

Mercredi 26 mai, le collectif s’est attelé à une fresque en soutien à la lutte du peuple Palestine contre la colonisation israélienne, représentant deux Palestiniens, le visage masqué par des keffieh, et des résistants brandissant des lance-pierres. Le lieu choisi pour l’œuvre était un mur du 13e arrondissement, déjà couvert de graffitis.

Mais, alors qu’ils sont à l’ouvrage, les artistes sont interrompus par une première voiture de police, qui leur demande ce qu’ils font, et surtout, appellent leurs supérieurs pour leur décrire le caractère politique de la fresque. Rapidement, ils sont rejoints par plusieurs autres voitures de police, pour arriver à une vingtaine de policiers pour 5 artistes.

Pour la première fois, les artistes sont embarqués au commissariat. Une décision clairement politique, comme l’explique un des artistes à Nantes Révoltée : « Au poste, ils ont cherché à avoir le maximum d’informations sur la fresque, qui l’a commandité, pourquoi peindre sur la Palestine et pas sur Israël, etc… ». Les artistes ont été libérés, mais une procédure judiciaire pour « dégradation » a été lancée contre eux. Et les tentatives d’intimidations ne s’arretent pas là, puisqu’ils sont convoqués aujourd’hui au commissariat pour une audition,

Après l’interdiction de la manifestation parisienne de solidarité avec le peuple palestinien contre l’État israelien, il s’agit d’un nouvel exemple de l’inadmissible repression et de la censure que subissent les militants pour la cause palestinienne.




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