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Politique

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Paris. Mobilisé le 2 juin contre les violences policières, un manifestant condamné à 8 mois fermes

Un homme ayant participé au rassemblement du 2 juin appelé par le Comité Vérité et Justice pour Adama contre le racisme et les violences policières a été interpelé et condamné en comparution immédiate à 8 mois de prison ferme. Une sentence qui en dit long sur l’état de nervosité du gouvernement alors que déferle à l’internationale une vague de contestation contre le racisme et les violences policières, à laquelle ont répondu des dizaines de milliers de manifestants en France.

mercredi 10 juin

Crédit Photo : AFP

Depuis quelques semaines, des soulèvements partout dans le monde ont lieu suite à la mort de George Floyd, afro-américain tué par la police étasunienne. À Paris en particulier, 40 000 personnes - ont répondu à l’appel au rassemblement du Comité Adama devant le Tribunal de Paris, pour exiger justice et vérité pour la mort d’Adama Traoré.

Ces 40 000 personnes ont bravé l’interdiction de la préfecture pour crier haut et fort leur colère face à l’impunité policière, les violences policières et contre le racisme d’État. Le succès de ce rassemblement a poussé la presse bourgeoise et le gouvernement à prendre position au sujet du raciste systémique qu’ils cherchent généralement à dissimuler. Et la répression policière ne pouvait pas manquer à la fête : parmi les interpelés, au moins 7 sont poursuivis en justice. L’un d’entre eux a été condamné à 8 mois de prison ferme, pour violences contre les forces de l’ordre.

Suivant le journal Sud Ouest -, trois interpellés sont convoqués pour être jugés le 22 septembre, dont l’un a été placé sous contrôle judiciaire. Toujours selon Sud Ouest, les trois derniers ont reçu un rappel à la loi d’un délégué du procureur avec également une interdiction de paraître dans le XVIIe arrondissement. Ces interpellations font suite à la dispersion répressive du rassemblement par la police, après que l’interdiction du rassemblement par le préfet Lallement ait volé en éclat par le succès inédit de l’appel du comité Adama.

La répression féroce qu’incarne cette condamnation à huit mois de prison ferme est le reflet de l’explosivité qui règne en cette période de déconfinement et de crise économique sans précédent. Depuis l’apparition du coronavirus et plus de deux mois de confinement qui ont mis l’économie quasiment à l’arrêt, les secteurs les plus méprisés et précarisés étaient devenus les “héros”, les secteurs essentiels à la société. Or la “gloire” a été aussi passagère qu’illusoire : le patronat veut leur faire payer la crise économique, à coups de licenciements massifs -, de fermetures d’usine - et d’attaques aux conditions de travail - notamment.

En effet, dans ce contexte de crise, les mobilisations sociales et leur radicalité se multiplient partout dans le monde. Aujourd’hui, elles s’attaquent principalement à l’un des piliers des gouvernements bourgeois : l’institution policière. Des milliers de personnes sortent dans la rue pour dénoncer qu’il n’est pas possible de respirer, de vivre dans une société où la répression et la précarité règnent en et se répandent de manière exponentielle.

La contestation est dans ce cadre durement réprimée et le gouvernement ne jure que par la coercition. Huit mois de prison ferme rappellent amèrement les condamnations des gilets jaunes, premiers à ébranler aussi gravement le pouvoir macronien.