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Partiels à Paris 1 : l’extrême-droite, meilleure alliée des profs de Droit et de la "valeur du diplôme" ?

L’extrême-droite se précipite en défense des professeurs de droit de Paris 1, au service d’une université sélective et élitiste. Le camp réactionnaire se dessine clairement dans ce combat autour des partiels à Paris 1.

mercredi 27 mai

Crédit photo : CNEWS

Alors que la bataille autour des partiels à Paris 1 Panthéon Sorbonne devient un sujet politique national, entre la récente prise de position de Frédérique Vidal et sa médiatisation, l’extrême-droite s’est saisie de la question pour agiter elle aussi la défense de la fameuse « valeur du diplôme ».

Marine Le Pen a ainsi fustigé une « dévalorisation des diplômes et du mérite ».

Tandis que Nicolas Dupont-Aignan au micro de Cnews n’hésitait pas à s’en prendre violemment au juge ayant validé la légalité de la décision prise par la CFVU (Commission de la Formation et Vie Universitaire) de Paris 1 : « je suis outré de ce genre de comportements, ce sont des juges dingos qu’il faut mettre à l’hôpital ».

Ce soutien décomplexé de l’extrême-droite à la frange la plus réactionnaire des professeurs de Paris 1 ainsi qu’au recteur, ayant attaqué en justice la motion adoptée en CFVU (qui garantit, rappelons-le, à l’ensemble des étudiants de valider leur deuxième semestre, par la neutralisation des notes inférieures à la moyenne) avec le soutien explicite de la Présidence de Paris 1, ainsi que de la ministre de l’enseignement supérieur, rappelle directement les arguments utilisés par les professeurs de droit eux-mêmes.

L’argument maintes fois rabâché de la valeur du diplôme est ainsi la marotte des secteurs de l’université les plus élitistes. « Le débat autour du « diplôme » est une constante à Paris 1, fac qui se considère comme une institution « d’élite » et qui aime à s’opposer à tout ce qui pourrait affecter cette image. », comme nous l’écrivions dans une interview pour Révolution Permanente.

C’est aussi toute l’illusion méritocratique de l’université bourgeoise qui est revendiquée. Au micro de BFM TV, Guillaume Gellé, président de l’université de Reims et président de la commission formation de la conférence des professeurs d’université, osait déclarer : « défendre la valeur des diplômes, c’est aussi défendre les étudiants qui ont le plus besoin de ce diplôme pour s’en servir d’ascenseur social. C’est donc en quelque sorte défendre les étudiants les moins favorisés ». Ces étudiants seraient pourtant les premières victimes du maintien des partiels dans ces conditions exceptionnelles qui aggravent les inégalités. Même écho du côté de Bardella qui ose se déclarer en « soutien aux étudiants qui bossent ».

Pourtant ce sont les étudiants « qui bossent »., ceux qui ont été obligés de travailler pendant la crise, ceux qui doivent se salarier pour subvenir à leurs besoins et se sont retrouvés dans des situations de grande précarité, qui ne peuvent passer leurs partiels dans de bonnes conditions. Mais ces soutiens des franges les plus à droite ne font pas peur à Trébulle et aux professeurs de droit, qui persistent et signent et sont prêts à mettre en place les partiels avant même la prochaine instance juridique.

Alors que les professeurs de droit dénonçaient « ce nivellement par le bas, porté par l’habituelle conjuration des médiocres qui a instrumentalisé cette fois la crise sanitaire », il s’agit pour Jordan Bardella d’ « une énième nuisance des militants d’extrême-gauche, spécialistes de la glandouille ».

C’est donc main dans la main qu’extrême-droite et réactionnaires de l’université font aujourd’hui pression contre la victoire obtenue par les étudiants de Paris 1. Face à cette université élitiste, toujours plus sélective, la bataille des organisations étudiantes pour faire reconnaître la motion qu’ils ont porté et arraché en CFVU vise à ouvrir une brèche dans cette logique sélective et pose la question de la place de l’Université dans la société capitaliste. C’est pourquoi les attaques se font particulièrement vives à l’encontre de ces étudiants qui relèvent la tête, contre une accélération de la sélection sous le prétexte de la crise sanitaire.




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