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Monde

Solidarité avec les gazaouis

Pas de cessez le feu pour Gaza. Les bombardements continuent et une nouvelle guerre menace

Après l’échec de la tentative égyptienne d’organiser un cessez-le-feu, les bombardements israéliens qui ont débuté lundi continuent sur Gaza. Malgré les décombres qui jonchent la ville, et les blessés, les Gazaouis affirment qu’ils « vivent et résistent ». Ils pourraient cependant être victimes d’un nouvel épisode de guerre déclarée et dévastatrice, destinée à favoriser la réélection de Nétanyhaou. Plus que jamais ils ont besoin de solidarité.

mercredi 27 mars

Hautes flammes et violentes explosions dans le bombardement des forces israéliennes d’occupation sur l’enclave sous blocus -Photo : Mahmud Hams

L’Egypte impuissante à jouer les médiateurs

C’est sous couvert de riposte à un tir de roquette qui aurait atteint et blessé légèrement sept personnes dans une ville au nord de Tel-Aviv, que le lundi 25 mars, l’armée Israélienne a envoyé deux brigades, soit plus de 1 000 soldats, le long de la clôture de Gaza et appelé des réservistes des unités aériennes en vue d’engager les bombardements.

Habituellement les roquettes envoyées de la bande de Gaza sont toutes interceptées par le système de défense Israélien et le Hamas n’a d’ailleurs pas revendiqué le lancement de la fameuse roquette qu’il impute à un acte individuel. Les circonstances de l’évènement déclenchant sont donc obscures. Pour autant, le mécanisme d’escalade s’est bel et bien enclenché.

Entre le 25 et le 26 mars, l’aviation israélienne a mené des dizaines de raids contre des sites militaires et des bâtiments censés abriter des relais du Hamas. Plusieurs édifices publics ainsi que des immeubles ont été détruits. Sept blessés ont été recensés parmi les Gazaouis. Les frappes aériennes ont également visé le port de Gaza qui a subi des dommages matériels importants. Les universités, les écoles et les activités de plein air ont été suspendues.

Sans se limiter aux raids aériens, et afin de renforcer ses représailles, Israël a également bloqué toute la bande de Gaza, en fermant les points de passage qui permettent aux produits et fournitures médicales d’entrer dans l’enclave. La zone de pêche, au large de la côte méditerranéenne, dont les limites sont imposées par l’occupant, a également été réduite pour resserrer le blocage.

L’Egypte dont les liens avec le Hamas et la position vis-à-vis d’Israël font le pays le mieux à même d’intervenir comme médiateur avait pourtant tenté de mettre en place un cessez le feu entre la fraction armée du Hamas et Benjamin Nétanyahou, premier ministre et ministre de la défense israélien. Après l’annonce de l’acceptation du cessez le feu par les deux parties, les tirs de roquettes ont repris des deux côtés. Avec très peu de succès pour les tirs palestiniens et aucun dommage pour les israéliens, compte tenu du système très sophistiqué de protection dont ils disposent.

Netanhyaou joue sa place aux prochaines élections

Au pouvoir depuis 10 ans, et à moins de deux semaines des élections israéliennes, Netanyahou, très fragilisé par des affaires de corruption qui le rattrapent, doit faire face à une véritable menace politique en la personne de Benny Grant, ancien chef de l’armée israélienne et tenant de l’unité et de la réconciliation, que les sondages donnent potentiellement gagnant.

Pour frapper fort et booster sa candidature, Nétanhyaou avait prévu d’aller chercher à Washington le soutien du grand frère impérialiste, Trump. Congratulations, serrements de mains et claques dans le dos étaient à l’ordre du jour. Appui politique majeur, d’autant plus important que Trump, dans la foulée de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël a récemment mis les bouchées doubles en annonçant son intention de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan.

Une allocution télévisée, dans le cadre de la conférence annuelle du Comité Américain des affaires israéliennes, devait parachever le dispositif et lui fournir l’occasion de démontrer qu’il était l’interlocuteur incontournable des relations vitales entre les Etats-Unis et Israël.

Les événements qui se sont enclenchés lundi, lui ont coupé l’herbe sous le pied. Il se trouve, en quelques heures, confronté à une prise de décision dont les conséquences politiques, majeures pour sa carrière, lui importent sans doute beaucoup plus que le sort des palestiniens, voire des israéliens eux-mêmes.

Face à la menace israélienne, soutenons les Gazaouis

Le niveau de conflictualité atteint en quelques heures entre le Hamas et Israël si prompt à faire parler les armes et à poursuivre sans relâche sa volonté de conquête, de domination, voire d’extermination, rend envisageable le spectre d’une nouvelle guerre ouverte.

Ce pourrait, être, tout « naturellement », une opportunité pour Nétanhyaou de changer la donne à quelques jours des élections, tout en faisant oublier ses affaires de corruption. Il s’agirait pour lui de rallier plus largement les faucons et de susciter les réflexes de défense contre l’ennemi atavique palestinien.

Non content de mener quotidiennement une politique d’extermination des palestiniens emprisonnés à ciel ouvert dans la bande de Gaza, non contents de riposter par un déluge de bombes à la moindre incartade réelle ou supposée, Nétanhyaou, son gouvernement et son armée, pourraient trouver un nouveau terrain de jeu politique et guerrier en enclenchant une guerre de soi-disant « représailles ».

Plus que jamais les Gazaouis sont menacés de destruction, de blessures et de mort. Nous nous devons de les soutenir par tous les moyens. Soyons nombreux aux rassemblements de soutien, où qu’ils se tiennent et particulièrement à ceux qui auront lieu à Paris, Lyon et dans d’autres villes le 30 mars




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