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Jeunesse

PRÉCARITÉ

Pas de jobs d’été en vue : la jeunesse s’enfonce dans la précarité

Après plus d’un an de crise sanitaire et économique, qui touche massivement la jeunesse, l’approche de l’été qui s’accompagne de la difficulté de trouver un emploi saisonnier, est une source supplémentaire d’angoisse et de précarité pour nombre de jeunes.

lundi 26 avril

Crédits photo : Bertrand GUAY/AFP

La crise sanitaire a mis en exergue la réalité de la situation de précarité que les étudiants vivent depuis des décennies. Aujourd’hui, en plus de devoir tenter de suivre les cours en ligne, beaucoup se sont retrouvés à devoir faire des heures supplémentaires pour remplir leur frigo et payer leur loyer, sans même pouvoir retrouver un semblant de vie sociale, se retrouvant ainsi dans une routine infernale et psychologiquement invivable. D’autres encore doivent faire la queue pendant des heures tous les jours pour récupérer un colis alimentaire par manque de revenus, souvent suite à des pertes d’emplois. En effet, depuis le début de la crise sanitaire qui a engendré la fermeture des bars, des restaurants ainsi que l’arrêt des activités liées au secteur l’événementiel a mené à de nombreux licenciements, qui se traduisent par des pertes de l’emploi pour des milliers d’étudiants.

Cette situation de grande difficulté pour la jeunesse et sa première place sur les chiffres du chômage s’explique par le rôle qu’elle joue sur le marché du travail. Les jeunes multiplient souvent les emplois précaires, travailleurs au black dans la restauration, multipliant les contrats d’intérimaires et CDD dans la grande distribution ou encore dans le domaine de la livraison. Ils forment donc une main-d’œuvre bon marché et sans sécurité de l’emploi, représente une variable d’ajustement pour le patronat qui lui fait payer le coût de la crise. De plus, puisque beaucoup d’entre eux ne bénéficient d’aucune couverture sociale, ils ne sont pas concernés par les mesures de chômage partiel qui permettent au gouvernement de temporiser.

Selon l’enquête de l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), réalisée entre le 26 juin et le 8 juillet 2020, relayé dans Le Monde : « un peu plus d’un tiers des étudiants exerçaient une activité rémunérée, en parallèle de leurs études, avant le confinement. Parmi eux, 19,4 % n’ont pas repris d’activité après ». En ce sens les chiffres actuels sont catastrophiques pour la jeunesse, près d’un jeune sur cinq a été mis au chômage, plus de 20% vivent sous le seuil de pauvreté et près de 74% déclarent avoir été en difficulté financière ces derniers mois.

L’article du Monde a retranscrit certains témoignages, à l’instar de Fatou, étudiante à Orléans qui est revenue sur son besoin vital de travailler : En quittant Paris pour Orléans, en septembre dernier, elle a perdu son poste de préparatrice de commandes au Carrefour de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). « J’ai besoin de travailler pour financer mes études et subvenir à mes besoins, mais depuis le début de l’année, mes recherches n’ont rien donné ».

Ce témoignage, à l’image de bien d’autres, montre la nécessité de trouver un job d’été pour ces étudiants. Malheureusement, au vu des stratégie stop and go et de l’échec de la stratégie vaccinale du gouvernement, une réouverture semble incertaine et l’angoisse quant à l’approche de l’été et l’absence de travail toujours plus intense.

En effet, si les médias tentent d’imposer l’idée que la situation épidémique serait en train de s’améliorer, les chiffres de l’épidémie restent très alarmants. Depuis une dizaine de jours, le nombre de malades du Covid-19 en réanimation avoisine les 6 000 personnes, se rapprochant des chiffres de la première vague et dépassant ceux de la deuxième. De fait, 5 978 personnes se trouvaient dans les services de soins critiques, dimanche, alors qu’ils étaient 4 900, lors du pic de la deuxième vague à l’automne. Dès lors, alors que les effets de la vaccination tarderont encore à se faire sentir, les promesses de réouverture apparaissent fictives ou plutôt la garantie de futures mesures de restrictions. Ainsi, par-delà le danger pour nos vies, comme nous le disions dans un précédent article : « c’est la possibilité même d’une véritable reprise de la vie sociale que Macron compromet aujourd’hui avec son refus d’une stratégie sanitaire à la hauteur. » Cette stratégie de stop and go et l’absence de plan d’embauche massif c’est aussi des employeurs « suspendus aux annonces du gouvernement » qui attentent « d’en savoir plus sur le calendrier pour recruter. » (toujours selon l’article du Monde

Cette situation, mélangeant, précarité, détresse psychologique et risque épidémiologique est celle d’une jeunesse qui souffre et qui pour plus d’un tiers d’entre elle, devait déjà travailler pendant ses études.

Face à cette situation, le gouvernement a comme à son habitude fait preuve de mépris : s’il a concédé à quelques mesures d’urgence face à l’ampleur de la mise en lumière de la précarité étudiante tels que les chèques psys ou les repas à 1€, aucune mesure d’ampleur n’a été mise en place pour aider la jeunesse. Bien au contraire, la pression financière qui pesait sur de nombreux étudiants et jeunes travailleurs a encore été accentuée, la réforme des APL en est un exemple criant. Si pour les générations précédentes cette situation était provisoire et se terminait avec l’obtention d’un diplôme, des décennies de contre-réformes libérales ont accentué la concurrence à l’entrée du marché de travail et le chômage des jeunes, promettant une précarité étendue tout au long de la vie. La crise économique que nous traversons et qui ne fait que commencer, vient assombrir l’avenir de milliers de jeunes. Aucun étudiant.e. ne devrait avoir à travailler durant ses études, ni à avoir un besoin impérieux de travailler l’été pour se nourrir et payer son loyer l’année suivante. Face au mépris et à l’absence de mesure du gouvernement, revendiquons un salaire étudiant à la hauteur du SMIC ! Il apparaît également urgent d’exiger l’interdiction des licenciements et l’embauche massive dans les secteurs en besoin, à l’instar de l’hôpital public, de l’éducation et de l’enseignement supérieur.




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