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"Pas de prime, la déprime" : les salariées d’Orpéa en grève contre la maltraitance et les bas salaires

Il y a quelques mois, le groupe Orpea était au cœur d’un scandale après la parution du livre de Victor Castanet « Les Fossoyeurs », dénonçant les détournements de fonds et la maltraitance des résidents de ses EHPAD. Ce 17 mai, la direction a annoncé qu’elle ne verserait pas la prime d’intéressement. La colère des salariées a éclaté poussant à un appel national à la grève des syndicats du groupe. Résultat, une vingtaine d’Orpea se sont mobilisés, pour certains de manière inédite avec parfois des taux de grévistes quasi-majoritaires.

jeudi 26 mai

Ce 17 mai, la direction de l’entreprise Orpea a informé les syndicats qu’elle ne verserait pas la prime d’intéressement à ses salariées. Une décision officiellement motivée par les conséquences financières de la crise sanitaire, et officieusement aussi par la dette de 7,9 milliards d’euros imputée au groupe après les révélations d’une enquête administrative poussant le gouvernement a exiger le remboursement de dotations publiques présumées détournées par Orpea.

Une annonce scandaleuse envers ses salariées d’autant plus lorsque l’on sait qu’Orpea vient de se voir ouvrir une procédure amiable de conciliation par le président du tribunal de commerce de Nanterre. Une démarche en principe confidentielle, mais qu’Orpea s’est empressée de révéler ce vendredi à l’occasion de la publication de ses résultats 2021. Un moyen pour le groupe de rassurer ses investisseurs et de mettre la pression sur les créanciers pour qu’ils ne reviennent pas sur leur décisions. Pari réussi, le titre Orpea, qui avait chuté sur les marchés de 60 % depuis début 2021, a rebondi ce vendredi de 3 %.

La belle vie pour le groupe, le mépris pour les salariées !

Depuis longtemps les employées du groupe Orpea dénoncent les mauvaises conditions de travail et la pandémie n’a fait qu’amplifier les conséquences du manque de moyens. Alors que nombre d’entre elles ont fait face à la fatigue et ont dû redoubler d’efforts pour assurer l’assistance aux personnes âgées dépendantes malgré le sous-effectif, la direction se refuse à verser la prime d’intéressement de 750€ qui leur est due. Une décision scandaleuse qui n’a pas tardée à faire éclater la colère dans l’entreprise poussant à organiser une riposte.

Ainsi, mardi 24 mai, une journée nationale de grève a été très suivie dans les Orpea à l’appel des syndicats CGT et Arc en Ciel pour le versement de la prime d’intéressement mais aussi une revalorisation salariale, le paiement d’un 13ème mois, la prime PEPA et « grand âge » et la fin du sous-effectifs entre autres. Résultat, une vingtaine d’Orpea se sont mobilisés, pour certains de manière inédite avec parfois des taux de grévistes quasi-majoritaire.

A Granville dans la Manche, Espira-de-l’Agly dans les Pyrénées Orientales, mais aussi dans La Loire ou même à Osny dans le Val d’Oise, infirmière, et aides-soignantes ont fait grève pour dénoncer la maltraitance des usagers et du personnel de ces EHPAD.

« Notre prime d’intéressement de 750 euros a été supprimée par la direction. On revendique juste nos droits, on a décidé de bouger, ils ne peuvent plus faire de nous ce qu’ils veulent » expliquent les salariées d’Osny à la Gazette du Val d’Oise. Ce sont les premières grèves pour beaucoup des travailleuses, comme à Péronne où les grévistes scandent sur leur piquet : « Orpea t’as pas le droit, la prime tu nous la dois ! ». A Villeneuve le Lotte, c’est au cri de « Pas de prime, la déprime » que les grévistes ont exprimé leur colère.

Nous sommes solidaires de cette colère légitime à l’heure où les prix s’envolent chaque jour un peu plus et qui tend à construire les prochaines dates de mobilisations nationales chez Orpea du 3 juin et dépasser les appels à la grève encore timides du syndicat majoritaire Arc en ciel soutenant « un mouvement de grève d’au moins 30 minutes ».

Alors que tous les jours, des grèves éclatent dans les secteurs médico-sociaux et au-delà pour l’augmentation des salaires et des moyens, il y a necessité à coordonner les colères et étendre ces différents conflits, pour imposer nos revendications sectorielles et l’augmentation généralisée des salaires et leur indexation sur l’inflation.



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