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Notre classe

2 sur 8 ! Le mouvement passe un cap dans la chimie

"Pas de trêve des confiseurs pour les raffineurs !", martèle la CGT Total

« Deux sur huit, et l’effet domino pourrait s’enclencher ». Eric Sellini, Coordinateur CGT du Groupe Total, se réfère bien entendu aux raffineries en lutte depuis le 5 décembre contre la réforme des retraites. Et depuis dimanche, dans deux d’entre elles, c’est l’arrêt complet de la production qui a été voté.

mardi 24 décembre 2019

« Pas de trêve de Noël, en effet », souligne Eric Sellini. « Ce sera les fêtes en grève pour beaucoup de raffineurs. La faute, c’est au gouvernement. L’ultimatum a expiré ». Le responsable cégétiste fait bien entendu allusion à la déclaration commune émise le 16 décembre, par les énergétiseurs, les cheminots et la fédération Transports de la CGT en plus de la branche chimie, et qui donnait une semaine à l’exécutif pour faire marche-arrière.

« Comme cela avait été promis, en cas de non-recul, on a donc décidé de faire monter le mouvement d’un cran, poursuit Sellini. Sur la raffinerie de Lavéra, près de Martigues, dans les Bouches-du-Rhône, la procédure d’arrêt des installations a été décidée dimanche par les raffineurs. A Grandpuits, en Seine-et-Marne, l’AG a voté l’arrêt des unités à 14h, lundi. Sur les autres sites, il y a des blocages d’expéditions, là où les raffineurs sont dans le mouvement. En tout cas, pour l’instant, avec deux raffineries à l’arrêt, ça peut entraîner des choses dans la tête des autres camarades, et créer un effet domino, pas seulement au niveau de notre branche, d’ailleurs ».

L’enjeu, selon le syndicaliste, c’est « de ne pas relâcher la pression sur le terrain. Le gouvernement joue la carte du pourrissement, et espère que le mouvement va s’essouffler ». C’est ainsi que Sellini lit l’annonce d’Edouard Philippe de reprise du « dialogue » le 7 janvier prochain. « A cette provocation, nous on a un début de réponse avec l’arrêt de deux des raffineries du territoire. Mais cette réponse, claire, de notre secteur, on la retrouve partout. Chez les cheminots, par exemple, la pression ne baisse pas non plus. Et le fait que la base de l’Unsa et de la CFDT ait pu infliger un énorme camouflet aux deux confédérations [qui, elles, appellent à suspendre le mouvement, le temps des fêtes], c’est très rassurant. Du côté des travailleurs de l’énergie, les camarades vont poursuivre tout au long de la période leurs actions coups de poing. La pression est loin d’être retombée, et Macron et Philippe ont du souci à se faire dans les jours à venir ».

L’opinion est du côté du mouvement, Sellini n’en doute pas un seul instant. « Il suffit de regarder les chaînes d’info en continu. Les journalistes cherchent désespérément des voyageurs en perdition et, manque de pot, tout ce qu’ils réussissent à dénicher, c’est des gens qui, oui, disent que c’est la galère, mais qui affirment qu’ils soutiennent le mouvement. Ça fait chaud au cœur et c’est encourageant pour continuer ».

Au sujet de la date du 9 janvier, choisie par l’Intersyndicale pour le nouvel appel national, Sellini ne cache pas « faire partie de ces gens qui pensent que le rendez-vous est un peu éloigné. Mais on sait aussi ce que cela veut dire de négocier une date avec d’autres organisations syndicales. Du coup, on a poussé, de notre côté, à ce qu’il y ait un rendez-vous confédéral, au niveau de la CGT, qui soit pris avant, en l’occurrence le 28 décembre ».

« D’ici-là, il ne faut rien lâcher, lance Sellini à l’adresse des autres secteurs en lutte. C’est un combat de toutes et tous, et c’est un combat juste, contre ceux qui veulent détruire notre système social de solidarité. Il faut clairement maintenir la pression, et faire monter le mouvement d’un cran, pour obtenir ce que l’on veut : le retrait pur et simple. Pour nous, c’est clair. Et c’est pour ça qu’au niveau des raffineurs, il n’y aura pas de trêve des confiseurs ».

Propos recueillis par JBT




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