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Politique

Le déni toujours le déni

Pas de "violences irréparables" : Pour Macron, deux morts, une main ou un œil en moins ça se répare !

En clôture du G7, Macron revient sur les mois de répression subis par et en marge du mouvement des Gilets Jaunes. Aucune « violence irréparable », « le pire a été évité par le professionnalisme des forces de l’ordre », affirme-t-il. Un professionnalisme qui pourtant mutile, éborgne et tue, anecdotique et apparemment « réparable » pour le chef de l’exécutif.

mardi 27 août

Hypocrisie de l’exécutif

Macron, en opération séduction ce dernier mois, affirmant à qui veut l’entendre qu’il « a changé », reconnait au micro de France 2 pour la première fois ce 26 août, l’usage de violence à l’encontre des Gilets jaunes, qu’il s’empresse de minimiser et de justifier. Dénonçant, “la violence inédite, qui nous a sidérés” du côté des manifestants, « des black blocks en particulier, de tous ceux qui ont travesti ce qu’au fond était ce mouvement ». Lui, qui, depuis le début affiche un mépris décomplexé envers ce mouvement, renvoie à l’anecdotique, au réparable, des milliers de blessés, dont 157 de manière définitive selon le collectif Désarmons les, sans parler de son déni (“Dans toute cette période, il n’y a pas eu de mort à déplorer”) au sujet de la mort de Zineb Redouane, et l’hypocrisie gouvernementale autour de la mort de Steve Caniço, deux affaires d’Etat qui montrent bien l’indifférence de l’exécutif pour ces violences.

Encouragement de la violence et surarmement des forces de l’ordre

Bien au-delà du mépris ou du désintérêt, le gouvernement cautionne et même encourage entièrement de telles pratiques répressives comme en témoigne le décernement de décoration à des policiers mis en cause notamment dans les morts de Zineb Redouane et Steve Caniço. Ainsi, Macron déclare-t-il ce lundi : « La violence était telle qu’il n’était pas possible de dire qu’on arrêtait les LBD, on désarme les policiers ». Le LBD reconnu comme une arme de guerre et une arme létale, a été au centre des polémiques tout au long des manifestations, pour son caractère offensif ainsi que son utilisation massive et démesurée contrairement à ce que soutient le gouvernement. Ajoutons à cela l’utilisation massive des grenades lacrymogènes, de grenades assourdissantes, mortelles, responsables de mutilations, mais aussi de fusils à pompe etc..

Une violence garante d’un système qui exploite et opprime

L’utilisation massive et systématique d’une telle violence, est symptomatique d’un pouvoir apeuré par cette vision des masses en soulèvement depuis le mois de novembre. En effet, quel serait le « pire » qui a été évité pour Macron ? Sa fuite en hélicoptère prévue suite aux actes les plus offensifs de décembre ? Un chamboulement du système qui précarise toujours plus, exploitant et opprimant la plus large partie de la population au profit d’une poignée ? Poussé par cette peur, il appelle au calme, ajoutant : « Nous sommes un pays où il y a une liberté de manifester. Mais pour qu’elle le reste, il faut éradiquer progressivement la grande violence et que l’on regarde comment changer notre manière d’assurer la sécurité pour réduire très fortement le nombre de blessés que l’on fait dans ces cas-là. ».

Menaçant frontalement le droit de manifester, il affirme cette crainte et tente de renforcer la peur des manifestants. Aux vues des attaques non seulement sociales mais aussi physiques, on voit bien la nécessité de s’organiser en réunissant les secteurs en danger tel que le service public, les secteurs stratégiques comme les cheminots mais aussi les secteurs les plus progressistes, féministes, anti-racistes, pour une grève générale, un soulèvement total pour ne plus seulement lui faire peur mais bien pour renverser ce système.




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