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Crise sanitaire

Pass et état d’urgence sanitaire prolongés : les députés donnent le feu vert à la politique autoritaire de Macron

Après avoir été validé en conseil des ministres, c’est au tour des députés de donner leur feu vert au projet de loi visant à prolonger l’état d’urgence et le pass sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022, entérinant la gestion autoritaire et liberticide de la crise par le gouvernement.

mercredi 20 octobre

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Après son adoption par le conseil desministresc’est au tour de l’Assemblée nationale de se prononcer sur le projet de loi de « vigilance sanitaire ». Cette loi vise à prolonger l’obligation de présenter un pass sanitaire dans de nombreux lieux publics ainsi qu’à proroger l’état d’exception qui l’accompagne, et ce jusqu’au 31 juillet 2022.
« Nous ne voulons pas être désarmés en cas de nouvelle vague,se justifieOlivierVéran.Mêmesi nous n’en sommes heureusement pas là, la situation outre-Manche, mais aussi en Lettonie et en Roumanie, nous inquiète. »

Ainsi,alors même qu’il y a moins d’un mois les membres du gouvernement multipliaient les déclarations allant dans le sens d’unassouplissement des restrictionssanitaires,l’exécutif a depuis fait machine arrière et persiste à employer les mêmes méthodes autoritaires et liberticides que depuis le début de la pandémie. En effet, outre la prolongation du pass sanitaire,mesure phare du projet de loi, l’état d’urgence sanitaire permet au premier ministre de limiter la circulation des personnes,d’imposer un confinement, et renforce en général l’arsenal répressif à disposition de l’exécutif, avec par exemple une sanction de 5 ans d’emprisonnement et 75000 euros d’amendes en cas de fraude au pass sanitaire.

Malgré quelques remous du côté de l’opposition, sur les bancs de l’Assemblée nationale et notamment une motion de rejet qui n’a pas été adoptée, le projet de loi de « vigilance sanitaire »a reçu le feu vert des députés sans profondes modifications. Le premier article a été adopté à 109 voix contre 66 dans la nuit de mardi à mercredi. Un amendement adopté par la commission des Lois mercredi matin limite l’obligation de présenter un pass sanitaire aux territoires où le taux d’incidence est supérieur ou égal à 50 cas positifs pour 100 000habitants (c’est par exemple le cas actuellement d’une partie de la Corse, de certains départements de la région PACA, de l’Île-de-France, ou encore de l’Aveyron, de la Lozère, du Rhône, des Pyrénées-Atlantiques…).

Pour la Macronie, l’adoption de cette loi est avant-tout un enjeu électoral, après une gestion erratique de la crise Macron veut pouvoir inscrire à sa profession de foi une capacité à maîtriser l’épidémie, en vue des présidentielles qui se tiendront dans quelques mois. De ce point de vue, le choix du calendrier qui prolonge l’état d’urgence sanitaire au-delà de la période de la campagne électorale est loin d’être anodin.

Ce projet de loi en dit long sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, alors même que 88 % de la population est vaccinée, mais qui préfère conserver les mêmes outils répressifs que depuis mars 2020, plutôt que d’investir dans la prévention et la santé, en refusant de doter les écoles et les hôpitaux de moyens à la hauteur de la situation pour faire face à l’épidémie.




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