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Pass sanitaire. L’Union européenne à l’unisson pour une mesure liberticide

Le ministre des Affaire étrangères a confirmé ce dimanche qu’un certificat sanitaire européen serait délivré à compter du 1er juillet, visant à accompagner le conditionnement de la circulation des ressortissants de l’UE à un test de dépistage négatif, un certificat vaccinal ou une guérison après une contamination. Les États membres, qui se sont déchirés sur la répartition des doses de vaccins, s’entendent pour mettre en place cette mesure liberticide.

lundi 24 mai

Crédit Photo : REUTERS

Une mesure liberticide

La mise en place d’un pass sanitaire, dont la version française adoptée le 12 mai entrera en vigueur dès le 9 juin au sein du pays, s’organise au niveau de l’Union Européenne. En effet, le ministre des Affaires Étrangères a confirmé ce dimanche la mise en place du « certificat sanitaire européen » sur lequel les États membres de l’UE se sont mis d’accord le 20 mai dernier dans le but de favoriser la reprise du tourisme cet été. D’après Jean-Yves le Drian, ce certificat numérique ou en version papier intégrera trois choses, au choix : la production d’un test de dépistage négatif, le certificat vaccinal ou bien la preuve d’une contamination passée de 2 semaines à 6 mois. Ainsi, d’après l’Opinion : « à compter du 1er juillet, il faudra présenter un certificat sanitaire pour se déplacer en Europe ».

Si des incertitudes demeurent quant aux modalités de ce certificat européen, dont les contours définitifs et le caractère obligatoire ou non restent à préciser, cette mesure va dans le sens d’une limitation liberticide des déplacements au sein de l’Union européenne et accompagne les mesures prises dans chaque État membre, comme en France où le pass sera obligatoire pour accéder aux rassemblements de plus de 1000 personnes, ou encore en Allemagne où il le sera pour aller au restaurant ou faire du shopping.

En ce qui concerne les ressortissants extra-européens souhaitant entrer dans l’UE, les États membres ont décidé de mettre en place un « dispositif tricolore (vert, orange et rouge) [pour] classer les personnes » : celles venues de pays « vert » pourront entrer à condition d’avoir un test négatif, celles venues d’un pays « orange » devront avoir été vaccinées, et celles venues d’un pays « rouge » seront interdites d’entrée en Europe.

« Ça c’est l’Europe qui fonctionne »

Sur les plateaux TV, les différents membres du gouvernement qui se sont exprimés à propos de ce pass sanitaire européen n’ont cessé de le présenter comme un « facilitateur » de déplacement. En réalité, cette mesure ne répond qu’à l’objectif de relance économique, dans le but de maintenir un tourisme de masse malgré une situation sanitaire qui reste incertaine et au moyen d’une limitation des libertés qui pèsera sur les populations dont l’accès au vaccin reste plus qu’incertain, au sein de l’Union européenne et plus encore dans le reste du monde. Alors que la guerre commerciale sur le plan vaccinal continue d’entraver la possibilité d’une sortie de crise à l’échelle mondiale, à l’heure où la barre des 300 000 morts officiels du Covid vient d’être franchie en Inde, les États membres de l’UE ne sont pas tous logés à la même enseigne en termes d’accès au vaccin.

Si l’Union européenne n’a pas permis d’éviter de fortes tensions sur la question de la répartition des doses entre les différents États membres, elle se révèle très efficace pour coordonner l’imposition de mesures liberticides au service des États et du grand patronat. Comme le résume Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État chargé du Tourisme invité sur le plateau de BFMTV Business à propos du pass sanitaire européen : « Ça c’est l’Europe qui fonctionne ».




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