^

Politique

Inconséquence sanitaire

Pass sanitaire : une mesure coercitive qui vise à masquer l’échec du gouvernement

Dans une interview accordée à la presse, Macron a confirmé la mise en place d’un pass sanitaire à partir du 9 juin pour accéder aux grands événements. Une mesure coercitive qui montre l’échec du gouvernement dans son plan de vaccination.

vendredi 30 avril

Crédit photo : AFP

Parmi toutes les mesures annoncées le jeudi 29 avril, Macron a confirmé la mise en place d’un pass sanitaire à partir du 9 juin pour les personnes souhaitant se rendre « dans les lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions ». À partir du 30 juin, il sera également obligatoire pour les personnes participant à de grands événements rassemblant plus de 1 000 personnes, comme les festivals. En d’autres termes, il y aura une condition d’accès aux grandes salles ou aux événements, qui sera soit le vaccin, soit le résultat d’un test négatif récent.

Techniquement, toutes les informations concernant le pass sanitaire, comme la vaccination et les résultats des tests, devraient être centralisées dans l’application TousAntiCovid. Toutefois, il sera possible de présenter les preuves validant le pass sanitaire également sous format papier.

Bien que le gouvernement cherche à clamer que ce pass sanitaire servira à voyager en Europe, la vérité est que cela ne change pas grand-chose aux obligations actuelles pour les voyageurs, à savoir la présentation d’un test négatif récent pour passer la frontière. De plus, dans de nombreux cas, le simple vaccin ne permettra pas de contourner la preuve d’un résultat négatif pour les personnes provenant de pays qui appliquent des vaccins non validés par l’Agence européenne des médicaments. Les voyageurs qui ont été vaccinés avec les vaccins russe ou chinois, par exemple, devront dans tous les cas présenter un test négatif.

La méfiance du personnel de santé

Après le dévoilement de cette nouvelle exigence, les réactions ne se sont pas faites attendre. L’académie Nationale de Médecine a publié un communiqué où ils soulignent la faiblesse de cette mesure pour prévenir la contagion en raison, notamment, de l’incertitude des résultats des tests. De cette façon, ils estiment que « un “passe sanitaire” devrait comporter des informations attestant de la non contagiosité de son titulaire. Par leur caractère incertain ou éphémère, les données d’anamnèse et les tests, virologiques ou sérologiques, ne peuvent fournir les garanties souhaitables ». En ce sens, pour l’Académie Nationale de Médecine, « un certificat de vaccination constitue actuellement la meilleure preuve de l’acquisition d’un état d’immunité contre la Covid-19 ». Cela représente un autre casse-tête pour le gouvernement, qui échoue à fournir des informations claires et précises sur la vaccination, suscitant ainsi la méfiance d’une grande partie de la population.

Une mesure coercitive pour cacher l’échec du plan de vaccination

Ce pass sanitaire pose donc un énorme problème si l’on tient compte du climat de méfiance à l’égard des vaccins en France. Car, tout étant loin d’être une réponse à la hauteur, la mise en place d’un tel pass sera une contrainte forte pour la population. Et en premier lieu pour les travailleurs des lieux dont l’entrée sera conditionnée à la présentation d’un pass sanitaire : ils seront obligés de passer systématiquement un test avant d’aller travailler, ou de se faire vacciner contre leur gré. Cela représente un aspect extrêmement coercitif de l’application de ce pass, pour des résultats estimés très discutables, qui ne fait donc qu’accroître le scepticisme de ceux qui se méfient du vaccin.

En effet, une vaccination massive de l’ensemble de la population est indispensable pour mettre fin à la pandémie. Mais elle ne peut en aucun cas être mise en œuvre par des mesures coercitives telles que celles proposées par le gouvernement de Macron, qui s’est déjà montré totalement incapable de résoudre la crise. La vaccination de masse ne peut se faire qu’avec une communication fiable, précise et transparente des informations, ainsi que la levée de brevets qui nous permettra une stratégie de vaccination de masse à l’échelle mondiale et empêchera les laboratoires de continuer à se remplir les poches grâce à cette crise.




Mots-clés

Vaccin   /    Crise sanitaire   /    gouvernement   /    Politique