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Jeunesse

Casse des services publics

Passage en force de la LPR : les universitaires appellent à la mobilisation

Après le passage en force de la très contestée Loi de programmation de la recherche, les syndicats et les personnels réitèrent sous différentes formes leur opposition à ce nouveau projet de casse de l’enseignement supérieur et de la recherche, et appellent à la mobilisation.

samedi 21 novembre

Crédits photo : Laurent REA DNA

Ce mardi, alors qu’à l’appel de Fac et Labos en lutte plusieurs centaines de personnels, enseignants chercheurs et étudiants se sont rassemblés devant la Sorbonne contre la LPR, celle-ci a été adoptée en dépit de la contestation qu’elle suscite. Un véritable mépris quant aux mobilisations et grèves qui ont eu lieu en février et mars dernier et auxquelles le Covid a mis un coup d’arrêt, la ministre de l’Enseignement supérieur ayant profité de l’été et de la rentrée sur fond de crise sanitaire pour mener une procédure accélérée, et inscrire coûte que coûte son projet dans le marbre.

Le projet comprenait depuis le départ une précarisation et une privatisation accrues de la recherche, ce à quoi s’opposent depuis plusieurs mois les travailleurs de l’université et les étudiants. Une attaque au monde de la recherche qui s’incarne notamment dans la volonté de soumettre toujours plus les sujets de recherches aux intérêts du patronat à partir d’appels à projet, accompagnés par la création de CDI projet précaires, à la place des statuts jusque-là protégés des maîtres de conférence. Prévu également par la loi, le recrutement localisé des équipes d’enseignants, renforçant ainsi la mise en concurrence des différents établissements, au profit de facs d’élites qui se consolideront, et au détriment d’universités réservées aux classes populaires qui visent à se transformer de plus en plus en « facs poubelles ».

Mais sur fond d’offensive sécuritaire (loi Séparatismes, loi Sécurité globale...), le gouvernement a durci son projet, et relancé d’autant plus vivement la colère dans les universités, en ajoutant un amendement qui stipule que « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité […] ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement » est passible d’un an de prison et de 7 500 € d’amende – et jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour des faits commis en réunion.

Ce nouvel amendement, qui s’inscrit dans une séquence où le gouvernement renforce son arsenal répressif, vient criminaliser par anticipation toute velléité de mobilisation au sein des universités. Une nouvelle attaque faite à la jeunesse étudiante, qui prépare l’après-confinement et les possibilités de révolte parmi les secteurs les plus exposés à la crise, les jeunes étant les premiers touchés par les contrats précaires, le chômage de masse et la gestion dramatique de la crise sanitaire au sein de facs.

Refuser la LPR : s’organiser dans les facs et dans la rue

Face au passage en force de Frédérique Vidal, Fac et Labos en lutte ainsi que l’intersyndicale de l’ESR, appellent à reconstruire la mobilisation dans les universités. Dans la veine d’un premier rassemblement mardi dernier, la date est posée pour mardi prochain le 24 novembre !

Les enseignants-chercheurs, loin de se résigner, interpellent directement les porteurs de ce projet de loi, la ministre comme les présidents de prestigieuses universités qui l’ont soutenue. Après le boycott par les organisations syndicales de la réunion du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, le combat doit se poursuivre dans la rue.

A l’instar des mobilisations lycéennes et des profs du secondaire il y a quelques jours pour exiger un véritable plan sanitaire et plus de moyens dans les établissements scolaires, à rebours de la politique criminelle de l’exécutif, nous devons nous organiser dans nos facs pour lutter contre la casse des services publics et le tournant réactionnaire du gouvernement : contre la LPR et la loi de sécurité globale. Une bataille qu’il s’agit de mener avec l’ensemble des secteurs de la population qui subissent l’offensive sécuritaire sur fond d’islamophobie et covid-19 dans un climat social tendu qui fait payer la crise aux travailleurs et aux plus précaires.

En ce sens, les militants du NPA Jeunes - Révolution Permanente appellent à rejoindre le rassemblement à l’initiative d’associations de défense des droits de l’Homme, humanitaires, collectifs, partis et syndicats le samedi 21 novembre, parvis des droits de l’homme, Trocadéro contre la répression et les projets de lois anti-démocratiques LPR et Sécurité Globale.

L’appel à se mobiliser mardi 24 novembre contre l’application de la LPR doit à son tour marquer un temps fort dans toutes les villes et les universités afin d’être un appui pour les mobilisations de la jeunesse à venir.




Mots-clés

Loi sécurité globale   /    LPPR   /    Loi de programmation pluriannuelle de la recherche   /    ESR   /    Université   /    Jeunesse